Le segment A : une longue traversée du désert
Avant d’évoquer les citadines électriques, précisons que le segment A désigne les voitures de moins de 3,70 m. Ce segment a subi des pertes sans précédent ces dernières années.
Un marché qui pesait 1,5 million de véhicules par an
Avant la pandémie mondiale, ce segment représentait 1,5 million d’unités vendues chaque année en Europe. C’était un volume considérable, porté par des modèles emblématiques qui incarnaient l’entrée de gamme accessible pour les particuliers comme pour les professionnels.
Mais les constructeurs ont progressivement abandonné plusieurs modèles. Et la liste est longue : Volkswagen Up, Skoda Citigo, SEAT Mii, Opel Adam, Citroën C1, Peugeot 108, Ford Ka… Tous ces modèles ont quitté le marché, victimes d’une équation économique devenue intenable. En effet, développer un véhicule d’entrée de gamme coûte autant qu’un modèle premium. Pour pallier ce problème, les constructeurs ont tenté les partenariats croisés comme PSA avec Toyota ou Renault avec Smart afin de mutualiser les coûts. Mais cela n’a pas suffi à maintenir ces modèles durablement au catalogue.
Ce qui subsiste aujourd'hui
En 2025, le segment A thermique se résume à quelques survivants : Hyundai i10, Fiat Pandina, Toyota Aygo X ou encore, Kia Picanto. Mais, du côté électrique, l’offre se diversifie de plus en plus. Et surtout, certaines citadines électriques font un carton, comme la Renault 5 électrique.
Pourquoi l'électrique relance l'équation économique
Ce qui n’était plus viable en thermique pourrait le redevenir grâce à l’électrique. Et ce n’est pas un hasard mais bien le résultat d’une série de facteurs techniques et industriels qui changent profondément la donne.
Un moteur électrique qui libère de l'espace
Le moteur électrique est plus compact que le moteur thermique. Donc, pour un véhicule de petite taille, cette différence est déterminante. En effet, cela permet de dégager davantage d’espace habitable dans un gabarit réduit. Pour rappel, l’habitabilité est taillée pour quatre occupants dans un format compris entre 3,55 m et 3,70 m. Sur le segment A, où chaque centimètre compte, cet avantage est loin d’être négligeable.
Une rentabilité plus rapidement atteignable
C’est Xavier Chardon, directeur général de Citroën depuis juin 2025, qui l’a confirmé lors d’une table ronde début avril. Le projet de mini citadine Citroën ne sera pas hybride, mais exclusivement électrique. La raison est principalement économique car la rentabilité d’un si petit gabarit sera plus rapidement assurée avec un moteur électrique. De fait, la complexité mécanique et les coûts associés à une motorisation hybride seront inexistants.
La mutualisation : une vieille recette mais une nouvelle application
L’autre levier actionné par Stellantis est celui de la plateforme commune. En effet, Citroën, Fiat et Opel partageront la même architecture technique. Ainsi, ils répartissent les coûts de recherche, de développement et d’outillage industriel entre les trois modèles. Cette stratégie est déjà éprouvée dans l’industrie automobile mais elle prend ici une dimension nouvelle grâce au passage au tout-électrique. Résultat : le seuil de rentabilité est abaissé et la promesse de prix accessible est maintenue sous les 15 000 €.
Citroën, Fiat, Opel : trois marques, une histoire commune avec la citadine populaire
Si Stellantis a choisi précisément ces trois marques pour porter ce projet, ce n’est pas le fruit du hasard. Chacune d’elles possède une légitimité historique sur ce segment, ancrée dans plusieurs décennies de production de véhicules populaires et accessibles.
Citroën, de la 2CV à la C1
Citroën incarne peut-être mieux que quiconque l’idée de voiture du peuple à la française. Depuis la 2CV lancée en 1948 jusqu’à la C1, dont la seconde génération a quitté le catalogue en 2022, la marque aux chevrons a constamment proposé des modèles urbains compacts et abordables. C’est donc dans la continuité d’un ADN de marque fort que s’inscrit ce futur modèle électrique, dont le nom n’est pas encore confirmé.
Fiat, de la Topolino à la Pandina
Fiat revendique une histoire encore plus ancienne sur ce segment. La Topolino, lancée en 1936, posait déjà les bases d’une philosophie : rendre l’automobile accessible au plus grand nombre. Cette philosophie s’incarne aujourd’hui encore par la Pandina, commercialisée sous le nom de Panda depuis 2011, l’un des modèles neufs les moins chers du marché. La future citadine électrique de Fiat viendra combler le vide entre les modèles thermiques et les véhicules du segment B, comme la Fiat Grande Panda électrique.
Opel, une légitimité incontestable sur les petites urbaines
Moins médiatisée sur ce segment, Opel n’en possède pas moins une expérience réelle. Ses modèles Agila et Karl ont su trouver leur public parmi les conducteurs urbains. La future citadine électrique d’Opel s’inscrirait dans cette filiation, en faisant le lien entre le quadricycle Rocks-e et l’Opel e-Corsa.
Un chaînon manquant dans les gammes
Pour les trois marques, l’enjeu est aussi de combler un vide stratégique. Actuellement, leurs gammes électriques passent directement des quadricycles (Ami pour Citroën, Topolino pour Fiat Topolino, et Rocks-e pour Opel) aux berlines compactes du segment B. Une future citadine à moins de 15 000 € viendrait créer un échelon intermédiaire cohérent, logique et attendu.
Ce que l'on sait des futurs modèles
Les informations disponibles sont encore parcellaires. Cependant, les grandes lignes du projet commencent à se dessiner grâce aux déclarations de Xavier Chardon.
Un lancement confirmé pour 2028
Tout d’abord, la date avancée de 2028 est confirmée par les déclarations du directeur général de Citroën. Pour les entreprises qui planifient le renouvellement de leur flotte, cette échéance est à intégrer dès à présent dans les réflexions à moyen terme.
Un prix cible sous les 15 000 €
C’est le seuil symbolique qui revient le plus. Ce segment des modèles à moins de 15 000 € représentait 1,5 million d’unités vendues par an avant la pandémie. Et Stellantis entend reconquérir ce marché aujourd’hui quasiment inexistant. À titre comparatif, la nouvelle Renault Twingo électrique est la seule véritable concurrente à ce jour.
Un gabarit pensé pour la ville
Les futurs modèles devraient mesurer entre 3,55 m et 3,70 m de long, selon nos sources. Ce format, résolument urbain, est dimensionné pour quatre occupants. Cela correspond parfaitement aux usages de mobilité professionnelle en milieu dense.
Une architecture commune et une production au Maroc
Nous l’avons vu, les trois modèles reposeront sur la même plateforme technique. Concernant la production, le site industriel de Kénitra, au Maroc, serait le candidat privilégié. En effet, cette usine accueille déjà la production de plusieurs modèles du groupe ainsi que des versions d’entrée de gamme d’autres véhicules Stellantis. C’est le cas, par exemple, de la Peugeot e-208. Stellantis a fait le choix délibéré de se rapprocher de l’Europe plutôt que de s’appuyer sur des sites de production asiatiques. De fait, il ne suit pas la même logique que le groupe Renault qui envisage de produire le futur Dacia Hipster en Chine.
Des noms encore à confirmer
Citroën C1 ? Nouvelle Panda ? Adam ou Karl pour Opel ? À ce stade, les appellations n’ont pas été officialisées. Mais ce flou autour des noms n’entame pas la réalité du projet. Il illustre simplement que celui-ci est en phase de développement.
Ce que cela change concrètement pour l'électrification des flottes professionnelles
Pour les entreprises engagées dans la transition énergétique de leur flotte, l’arrivée de ces modèles ouvre une perspective nouvelle. Même si tout n’est pas encore tangible, c’est suffisamment précis pour être intégré dans une stratégie à moyen terme.
Une nouvelle porte d'entrée pour les flottes urbaines
Ce type de véhicule correspond à plusieurs besoins pour des flottes d’entreprise. Par exemple, ils sont adaptés pour les commerciaux qui effectuent des tournées en zone urbaine mais aussi pour des techniciens de maintenance qui interviennent en centre-ville. Dans tous les cas, ils représentent un avantage pour des usages qui demandent des gabarits compacts. En plus de cela, le coût d’acquisition, qui reste le critère central dans la décision d’achat, est avantageux.
2028 : le prochain cycle de renouvellement, c'est maintenant
Dans la gestion d’une flotte professionnelle, les décisions ne se prennent pas à la dernière minute. Un renouvellement de parc se prépare généralement avec deux à trois ans à l’avance car il tient en compte les cycles de leasing, les budgets prévisionnels et l’évolution de l’offre constructeur. 2028 correspond précisément au prochain cycle de décision pour de nombreuses entreprises. Pour les flottes urbaines, ne pas intégrer ces futurs modèles dans la réflexion aujourd’hui, c’est risquer de passer à côté d’une opportunité d’optimisation significative du coût total de possession.
Anticiper l'infrastructure, pas seulement les véhicules
L’arrivée de nouveaux véhicules électriques dans une flotte ne se prépare pas seulement en choisissant les bons modèles. Elle nécessite aussi de dimensionner l’infrastructure de recharge en conséquence. Qu’il s’agisse de bornes installées sur site ou au domicile des collaborateurs, l’accompagnement en amont est déterminant pour garantir l’efficacité opérationnelle de la flotte. C’est précisément le rôle que jouent des experts de Beev. Ils accompagnent les entreprises aussi bien dans le choix des véhicules électriques que dans le déploiement des solutions de recharge.
Conclusion
La 2CV a démocratisé l’automobile pour une génération entière. Et la future citadine électrique de Citroën, tout comme ses cousines Fiat et Opel, ambitionnent de faire la même chose avec l’électrique. En s’appuyant sur une architecture mutualisée, une production optimisée et un prix cible sous les 15 000 €, Stellantis envoie un signal fort : la transition énergétique est loin d’être premium.
Pour les entreprises, le message est double. D’une part, l’offre en véhicules électriques accessibles va s’élargir significativement d’ici 2028. Cela va rendre l’électrification des flottes urbaines encore plus pertinente économiquement. D’autre part, cette échéance est suffisamment proche pour qu’il soit nécessaire d’anticiper dès aujourd’hui. Pour cartographier les usages de vos collaborateurs, identifier les modèles pertinents et poser les bases d’une infrastructure de recharge adaptée, contactez notre équipe dès aujourd’hui.