- EN BREF
- Le prix du gazole a dépassé 2 euros le litre en mars 2026. Cette hausse de 16 % en une semaine est liée à la guerre au Moyen-Orient. C’est une crise de plus dans un cycle qui se répète.
- Environ 60 % du prix du carburant est constitué de taxes incompressibles dont certaines n’ont pas de lien avec la géopolitique.
- Le véhicule électrique coûte 3 à 4 fois moins cher par kilomètre en énergie et génère jusqu’à 40 % d’économies sur l’entretien, avec une fiscalité avantageuse.
- Audit de flotte, installation de bornes, aides disponibles : la transition est progressive, à condition d’être bien accompagné.
L'instabilité structurelle du prix du carburant
Le prix du carburant a toujours fluctué. Mais ce qui se passe depuis plusieurs années est une tendance de fond, aggravée par des crises à répétition. À cela s’ajoute une structure fiscale qui joue contre les véhicules thermiques. Pour comprendre pourquoi la facture ne fait qu’augmenter, il faut décortiquer les mécanismes qui la composent.
L'effet « fusée et plume »
Dans le secteur pétrolier, il existe un phénomène appelé l’effet « fusée et plume ». Le principe est simple : le cours du baril monte en flèche et redescend très doucement. Les prix à la pompe suivent automatiquement et la baisse met donc des semaines à se répercuter.
La mécanique s’explique du côté des distributeurs. Comme les stations-service se réapprovisionnent presque quotidiennement, le prix de vente est ajusté dès que les cours grimpent. Mais lorsque les tarifs se détendent, les distributeurs attendent d’avoir écoulé leurs stocks achetés au prix fort avant de baisser leur affichage. Et ce déstockage prend plusieurs semaines. Résultat : la baisse prend beaucoup de temps.
Une répétition des crises
Ce n’est pas la première fois que les guerres impactent le prix du carburant. Et ce ne sera certainement pas la dernière. En février 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait déjà provoqué une flambée des prix à la pompe. Cela avait même contraint le gouvernement à instaurer une remise de 18 puis 30 centimes par litre. Le coût total du bouclier énergétique déployé entre 2021 et 2024 a été évalué à 36 milliards d’euros par la Cour des comptes.
Quatre ans plus tard, le même scénario se rejoue puisqu’une nouvelle crise géopolitique apparaît. Ce cycle fait que la dépendance au pétrole expose mécaniquement les entreprises à des hausses imprévisibles, brutales et récurrentes. De fait, elles ne peuvent avoir aucune prise sur ces dernières.
La constitution du prix du gazole en France
Quels sont les éléments qui composent un litre de gazole vendu 1,953 € ?
Pour bien comprendre pourquoi les prix du carburant sont si élevés et si difficiles à faire baisser, il faut regarder leur composition. La part liée au cours du pétrole, c’est-à-dire, la matière première et son raffinage, ne représente qu’environ un tiers du prix payé à la pompe. Les deux tiers restants sont constitués de taxes.
La TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) est une taxe fixe, calculée au volume et non au prix. De fait, elle ne bouge pas quand le baril monte. La TVA, en revanche, est proportionnelle. Elle augmente donc mécaniquement à chaque hausse du litre. C’est pourquoi on entend parfois parler d’une « taxe sur la taxe ».
À cela s’ajoute, depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle couche fiscale. La contribution aux certificats d’économies d’énergie est passée de 11 centimes à 16-17 centimes par litre, soit un surcoût de 1,25 à 1,50 € pour un plein moyen. Cette hausse, actée avant même que la crise au Moyen-Orient n’éclate, n’a aucun lien avec la géopolitique et le cours du brut.
Tableau de l’évolution des coûts moyens de transport-distribution en France
| Année | Gazole | Eurosuper sp95-e5 | Eurosuper sp95-e10 |
|---|---|---|---|
|
2015
|
8,6
|
10,2
|
9,6
|
|
2016
|
10,3
|
11,0
|
11,1
|
|
2017
|
10,7
|
10,9
|
10,9
|
|
2018
|
12,4
|
13,1
|
13,1
|
|
2019
|
14,0
|
14,7
|
14,7
|
|
2020
|
16,2
|
17,9
|
18,5
|
|
2021
|
16,4
|
16,5
|
16,5
|
|
2022
|
19,5
|
18,5
|
16,9
|
|
2023
|
23,8
|
24,3
|
24,1
|
|
2024
|
20,8
|
24,7
|
23,6
|
|
2025
|
21,9
|
25,7
|
24,7
|
|
Augmentation en 10 ans
|
+ 141,86 %
|
+ 151,96 %
|
+ 157,29 %
|
Données moyennes annuelles en centimes d’euro par litre depuis 2015
Une addition particulièrement lourde pour une flotte professionnelle
Pour un particulier, la hausse du carburant se ressent déjà à chaque plein. Mais pour une entreprise qui gère une flotte de véhicules, l’impact est sans commune mesure. Au fur et à mesure, il devient très difficile à absorber.
Prenons un exemple concret.
Un véhicule utilitaire qui parcourt en moyenne 30 000 kilomètres par an, avec une consommation d’environ 7 litres aux 100 km, soit 2 100 litres de gazole annuels. À 1,72 € le litre fin février 2026, la facture carburant annuelle s’établit à environ 3 612 € par véhicule. Si on fait ce calcul avec le gazole à 2 € qui a été atteint en mars, cette même facture grimpe à 4 200 €. C’est 588 euros de plus par véhicule et par an. Pour une flotte de 20 véhicules, cela représente près de 12 000 € de surcoût annuel, sur la seule base d’une semaine de crise.
Un carburant plus cher en France que dans l’Union Européenne
Et ce surcoût n’arrive jamais seul. Il se cumule avec une fiscalité en hausse mais aussi avec le fait que la France se situe au-dessus de la moyenne européenne concernant les prix du carburant. En effet, la France fait partie des pays les plus chers. Dans l’hexagone, le litre s’affiche en moyenne à 1,7436 € pour le SP95-E5 contre 1,633 € dans l’Union Européenne. Pour le gazole, le litre est à 1,6686 € tandis qu’il tourne autour de 1,591 € en Europe.
Mais ce qui complique encore davantage la situation pour les gestionnaires de flotte, c’est l’imprévisibilité. Budgéter une ligne carburant est devenu un exercice périlleux. Impossible de savoir combien coûtera le litre dans six mois. Cette volatilité structurelle rend les projections financières instables et fragilise la rentabilité des activités qui dépendent de la mobilité. C’est particulièrement le cas dans les secteurs du transport, du commerce, du service à domicile et du BTP.
Pour les entreprises qui ne bénéficient pas des mêmes filets de sécurité que les particuliers (chèque carburant, remises gouvernementales, etc), la facture risque de grimper rapidement.
L'électrique : le seul levier que l'entreprise contrôle vraiment
Tant que les véhicules roulent au thermique, la dépendance au pétrole reste entière. Avec cette dépendance viennent tous les risques liés à la volatilité du carburant. Mais le passage à l’électrique change fondamentalement cette équation. De fait, la transition énergétique se mue en reprise de contrôle.
Le prix stable et prévisible de l'électricité
L’électricité n’est pas gratuite et son prix peut, lui aussi, varier. Mais sa structure est radicalement différente de celle du carburant. En effet, elle ne dépend pas d’un baril côté en temps réel sur les marchés internationaux, ni de tensions géopolitiques. Les contrats d’approvisionnement en électricité sont négociables à l’avance, sur des durées fixes et avec des tarifs connus. De fait, une entreprise peut budgéter son énergie avec une visibilité future de plusieurs mois.
Un TCO plus avantageux
Le TCO (ou Coût Total de Possession) est l’indicateur le plus sûr pour comparer les frais liés aux véhicules d’une flotte. Dans le podcast Sanef 107.7, Solal Botbol affirme qu’il faut “raisonner en termes de détention” si on veut réellement se rendre compte de l’impact économique des véhicules électriques.
En effet, le prix à l’achat d’un véhicule électrique était, avant, plus élevé que son équivalent thermique. Mais cette différence s’efface de plus en plus aujourd’hui et, dès que l’on intègre l’ensemble des coûts d’usage dans le calcul, il apparaît clairement que l’électrique a largement l’avantage dans une flotte de véhicules. Recharger un véhicule électrique revient en moyenne 3 à 4 fois moins cher par kilomètre que de faire un plein d’essence. Par ailleurs, cet écart se creuse à chaque flambée des prix à la pompe. De plus, un moteur électrique nécessite beaucoup moins d’entretien et de réparation d’un thermique, ce dernier ayant moins de composants mécaniques. Les coûts de maintenance sont inférieurs de 30 à 40 % sur la durée.
À cela s’ajoutent des avantages fiscaux significatifs pour les entreprises. Les véhicules électriques sont exonérés de la taxe sur les véhicules de société (TVS). Aussi, les charges patronales sur les avantages en nature liés à la mise à disposition d’un véhicule de fonction électrique sont également allégées.
Comment réussir sa transition de flotte concrètement ?
Passer à l’électrique ne s’improvise pas. Néanmoins, cela s’avère moins complexe qu’on ne le pense. En réalité, la clé réside dans une approche structurée et progressive avec un bon accompagnement. Beev vous révèle les étapes essentielles pour réussir votre transition.
L'audit de flotte : par où commencer ?
Toute transition sérieuse commence par un état des lieux. L’audit de flotte permet d’analyser les usages réels de chaque véhicule. Il prend en compte les kilométrages journaliers, les types de trajets, les zones géographiques couvertes et les contraintes de disponibilité. Ces données sont indispensables pour identifier quels véhicules sont les plus facilement remplaçables par un équivalent électrique.
Dans la grande majorité des flottes professionnelles, une part significative des véhicules parcourt moins de 200 kilomètres par jour. Cela les rend parfaitement compatibles avec les autonomies disponibles aujourd’hui. L’audit permet de prioriser les remplacements et de construire un plan de transition réaliste, véhicule par véhicule. Cela a été le cas pour Recma, une entreprise implantée à Guibeville qui a engagé une réflexion sur l’électrification progressive de ses véhicules. Découvrez comment Beev l’a aidé dans sa transition énergétique.
Les bornes de recharge : dimensionner et installer intelligemment
Le déploiement de bornes de recharge est souvent perçu comme le principal obstacle à la transition. En réalité, c’est avant tout une question de bonne planification. Le dimensionnement dépend du nombre de véhicules à recharger, des horaires d’utilisation et de la puissance du raccordement électrique disponible sur site.
Pour une flotte qui rentre au dépôt chaque soir, une recharge lente suffit dans la plupart des cas. La gestion intelligente de la charge, via un système de pilotage intelligent comme le fleet manager de Beev, permet en outre d’optimiser la consommation électrique. De fait, les pics de puissance sont évités et la facture énergétique s’en trouve réduite.
L'accompagnement clé en main pour ne pas y aller seul
C’est sans doute le facteur le plus déterminant dans la réussite d’une transition de flotte. Les entreprises qui se lancent seules peuvent rencontrer des difficultés. Mauvais dimensionnement des bornes, choix de véhicules inadaptés aux usages réels, dossiers d’aides mal constitués… Les erreurs peuvent être nombreuses.
Un accompagnement global de l’audit initial au déploiement des bornes, en passant par le choix des véhicules et la gestion administrative des aides permet d’éviter ces erreurs. Votre projet est sécurisé à chaque étape. La transition n’a pas à être brutale : elle peut être progressive et planifiée sur plusieurs années afin de s’adapter aux contraintes opérationnelles de chaque entreprise.
Du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 19h
Conclusion
La flambée des prix du carburant de mars 2026 n’est pas un cas isolé. Elle fait partie d’un ensemble de crises cycliques et impossibles à anticiper. C’est précisément ce cycle sans fin qui devrait convaincre les décideurs d’agir maintenant, non pas dans l’urgence, mais avec lucidité. Chaque crise est un rappel que la dépendance au pétrole a un coût financier, opérationnel et stratégique. En passant à l’électrique, les entreprises ne seront plus tenues d’absorber des dépenses en carburant qui n’ont de cesse de fluctuer.
L’offre des véhicules électriques est de plus en plus grande et les aides, comme le CEE, sont toujours là. Sur la durée, le TCO parle de lui-même. Les entreprises qui ont amorcé leur transition avant cette crise ne se demandent pas aujourd’hui combien leur coûte le gazole. Vous pouvez en faire de même en passant à une mobilité décarbonée. Beev vous propose de réaliser un audit gratuit de votre flotte en moins de 30 minutes pour vous aider à franchir le cap.