Pourquoi cette réforme arrive maintenant
La transition vers l’électrique s’accélère et les pouvoirs publics ajustent leurs dispositifs de soutien en conséquence. Le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) est devenu la principale aide pour l’acquisition de véhicules électriques. Ce dispositif est disponible aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Et le gouvernement prévoit de réformer, dès juin 2026, les règles encadrant ces Certificats d’Économies d’Énergie mais, cette fois-ci, pour les utilitaires électriques. En effet, un nouveau projet d’arrêté introduirait deux changements majeurs :
- l’ajout d’un critère de fabrication pour accéder aux bonifications
- une méthode de calcul entièrement révisée basée sur le poids des véhicules
Pour les entreprises qui gèrent des flottes d’utilitaires, comprendre ces changements est essentiel pour anticiper les aides disponibles et optimiser leurs décisions d’achat.
Un critère de fabrication calqué sur le modèle des voitures particulières
Le premier volet de la réforme concerne l’éligibilité au dispositif. Les véhicules utilitaires électriques devront désormais être produits au sein de l’Espace Économique Européen (EEE) pour ouvrir un droit aux bonifications CEE. C’est d’ailleurs déjà le cas pour les voitures particulières.
L’EEE regroupe les 27 États membres de l’Union européenne, auxquels s’ajoutent l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein. L’objectif est d’orienter les aides publiques vers une production industrielle ancrée en Europe. Ainsi, les constructeurs qui investissent sur le continent seront favorisés.
Il va sans dire que cette condition d’origine n’est pas anodine dans ce marché. En effet, la concurrence asiatique est de plus en plus présente sur le segment des utilitaires électriques. Pour les gestionnaires de flotte, cela signifie qu’il faudra désormais être attentif à l’origine de fabrication au moment de comparer les offres du marché.
L'Ademe comme garant de la conformité
La vérification du respect de ce critère sera confiée à l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. Les constructeurs devront transmettre les informations nécessaires à l’agence. En retour, elle établira une liste publique des modèles conformes. Et cette liste sera actualisée chaque mois afin d’offrir une visibilité régulière sur les véhicules éligibles.
Les délais seront serrés car les constructeurs devront déposer leurs dossiers avant le 10 mai 2026 pour figurer dans la première publication. Les entreprises qui envisagent des achats dans les prochains mois ont donc tout intérêt à surveiller la publication de cette liste pour s’assurer que les modèles qu’elles ciblent seront bien éligibles.
Un nouveau calcul basé sur le poids : ce que ça change concrètement
Le second changement est peut-être le plus structurant pour les acheteurs de flottes. Le mode de calcul des certificats d’économies d’énergie va changer de logique. Fini le calcul basé sur la composition des flottes : le nouveau dispositif repose sur le poids des véhicules.
Trois catégories sont définies pour les utilitaires légers électriques (catégories N1 et N2) :
| Poids du véhicule | Base (kWh cumac) | Coefficient | Résultat (kWh cumac) |
|---|---|---|---|
|
Moins de 1,55 t
|
116 000
|
3
|
348 000
|
|
Entre 1,55 t et 2 t
|
125 400
|
5
|
627 000
|
|
Plus de 2 t
|
172 600
|
7
|
1 208 200
|
Bon à savoir : Le kWh cumac est l’unité de mesure utilisée dans le cadre du dispositif CEE. Plus le volume de kWh cumac est élevé, plus la valeur financière des certificats est importante.
Ce système introduit une progressivité claire : plus le véhicule est lourd, plus les économies d’énergie générées sont jugées significatives. Par conséquent, l’aide sera, aussi, plus conséquente. C’est une logique qui reconnaît que l’effort d’électrification est plus important lorsqu’il concerne la conversion de véhicules lourds.
Combien cela représente en euros ?
Sur la base d’un prix moyen du MWh cumac fixé à 8 euros, les montants des nouvelles aides peuvent être estimés ainsi :
- Véhicules de moins de 1,55 tonne : environ 2 784 € (348 000 kWh cumac = 348 MWh cumac donc 348 × 8€ = 2784€)
- Véhicules entre 1,55 et 2 tonnes : environ 5 016 euros
- Véhicules de plus de 2 tonnes : environ 9 666 euros
Ces montants peuvent varier selon les conditions de marché des CEE mais aussi du prix du MWh cumac qui fluctue en fonction de l’offre et de la demande. Mais cela donne quand même un ordre de grandeur concret pour calibrer les décisions d’investissement.
Pour une entreprise qui renouvelle une flotte de dix utilitaires lourds, on parlerait donc d’une aide potentielle d’environ 100 000 €. C’est une somme qui peut significativement peser dans le calcul du retour sur investissement d’une transition vers l’électrique.
Jusqu'à quand va s’appliquer ce nouveau dispositif ?
Ce nouveau dispositif CEE devrait s’appliquer jusqu’au 30 juin 2029. Comme il commence en juin 2026, il est donc prévu, pour le moment, qu’il dure trois ans. Cela offre une fenêtre de visibilité intéressante pour les entreprises qui souhaitent planifier leur transition sur le moyen terme.
Cette réforme s’inscrit aussi dans un objectif plus large fixé par l’exécutif : atteindre 50 % d’utilitaires électriques dans les ventes à l’horizon 2030. Un cap ambitieux qui explique la volonté de renforcer les incitations financières, tout en les encadrant mieux.
Ce que cela implique pour les gestionnaires de flotte
Pour les directions achats et les gestionnaires de flotte, cette réforme appelle à plusieurs niveaux d’attention :
- Anticiper les achats en fonction de l’éligibilité
Avec la mise en place d’un critère d’origine de fabrication, certains modèles actuellement disponibles sur le marché pourraient ne pas figurer sur la liste établie par l’Ademe. Il sera important de vérifier, modèle par modèle, si le véhicule envisagé est produit au sein de l’EEE. - Intégrer le poids dans le calcul du TCO
Le coût total de possession (TCO) d’un véhicule électrique ne se résume pas au prix d’achat. Les aides CEE doivent aussi être intégrées dès la phase de comparaison. Le poids du véhicule devient ainsi un critère financier à part entière, au-delà de ses seules caractéristiques techniques. - Surveiller la publication de la liste Ademe
La première liste de modèles conformes sera publiée après le dépôt des dossiers constructeurs, fixé au 10 mai 2026. Les entreprises en cours d’appel d’offres ou de renouvellement de flotte ont intérêt à suivre de près cette publication pour s’assurer de l’éligibilité des véhicules sélectionnés.
- Profiter de la fenêtre 2026-2029
Le dispositif étant prévu jusqu’en juin 2029, les entreprises ont une période relativement longue pour en bénéficier. Mais, comme souvent avec les aides à la transition énergétique, les règles peuvent évoluer. Mieux vaut agir tôt pour sécuriser les conditions actuelles.
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La multiplication des dispositifs d’aide à l’électrification des flottes rend le paysage complexe à naviguer pour les entreprises. Chaque aide a ses propres critères, ses propres plafonds et ses propres délais.
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