Un marché automobile en pleine transformation en juin 2026
Le mois de juin 2026 confirme la bonne dynamique du marché automobile français. Elle est notamment portée par une accélération continue de l’électrique. Cependant, certains chiffres méritent d’être remis en perspective.
Une progression portée par plusieurs facteurs
Selon les données recueillies par AAA Data, le marché des voitures particulières (VP) affiche une hausse de 11,37 % sur un an au mois de juin. Ce sont 188 787 immatriculations qui ont été enregistrées. Mais ce chiffre doit légèrement être nuancé. En effet, le mois de juin comptait deux jours ouvrés supplémentaires par rapport à juin 2025. Cela porte donc à 22 jours contre 20. Une fois ce biais corrigé, la progression réelle du marché des voitures particulières avoisine plutôt les 1,25 %. Le marché des véhicules utilitaires (VU), quant à lui, recule de 4,87 %. Mais l’ensemble (VP + VU) progresse de 8,44 %.
Pour Julien Billon, directeur général d’AAA Data, “Le marché se stabilise globalement, mais repose sur un nombre limité de marques en forte croissance, tandis que plusieurs acteurs historiques restent nettement orientés à la baisse”. Pour lui, il ne s’agit donc pas d’une reprise homogène de la demande, mais bien d’un mouvement de redistribution des parts de marché entre constructeurs.
Des commandes qui repartent doucement
Du côté des commandes, le mois de mai enregistre une progression de 4,8 %. Rappelons qu’elles avaient fait un bond de 25,2 % le mois précédent. Depuis le début de l’année, les commandes cumulées repassent donc en territoire positif avec 20 000 véhicules supplémentaires. Cependant, l’écart reste très significatif à la baisse par rapport aux références de commandes de l’après-Covid. Le segment des particuliers confirme toutefois sa bonne dynamique, avec cinq points de mieux que l’année précédente. Ils se rapprochent désormais des 50 % du marché total. Les acheteurs particuliers semblent donc revenir progressivement vers le marché du neuf sur ce premier semestre 2026.
Une vente sur trois : les voitures électriques franchissent un cap historique
Au-delà des variations conjoncturelles du marché global, un changement structurel s’opère de manière beaucoup plus nette : celui de la motorisation électrique. Cette dernière s’impose désormais comme un choix majoritaire pour une part croissante des acheteurs.
30 % de part de marché pour les voitures électriques
Les immatriculations de voitures neuves électriques atteignent 55 851 unités en juin 2026. De fait, elles représentent 30 % de part de marché. Pour rappel, elles se situaient aux alentours des 17 % un an plus tôt. Cette progression de 94 % sur un an confirme un élan observé depuis le début de l’année. En effet, les ventes cumulées de voitures électriques s’élèvent à 241 560 unités depuis janvier. C’est 28 % de part de marché soit une hausse de 63 %.
Marie-Laure Nivot, Head of automotive market analysis chez AAA Data, confirme qu’avec une voiture sur trois, le marché a désormais franchi le point de bascule vers l’électrique. Le Tesla Model Y conserve sa position de leader avec 6 635 unités immatriculées. Il est suivi de près par la Renault 5 E-Tech avec 4 213 unités et le Renault Scenic E-Tech et ses 2 495 unités. Ce trio semble bien installé en tête des ventes électriques. Par ailleurs, le Tesla Model Y s’impose même comme leader incontesté des ventes de voitures électriques en Europe.
Chez les particuliers, les ventes de voitures électriques dépassent les 35 %
Le mouvement est encore plus marqué chez les acheteurs particuliers. En effet, ces derniers jouent un rôle moteur dans cette transformation. Sur ce segment, 35 % des immatriculations sont électriques. Ce sont donc 32 075 unités immatriculées en juin.
Le diesel, à l’inverse, ne représente plus que 1 % du marché chez les particuliers. Cela illustre bien l’ampleur du basculement en cours chez les acheteurs individuels.
Les moteurs de l’accélération des immatriculations de voitures électriques
Cette progression spectaculaire de l’électrique ne relève pas d’un seul facteur, mais bien d’une combinaison de circonstances. Ces dernières, économiques, géopolitiques et réglementaires, se renforcent mutuellement.
Un contexte géopolitique et économique déterminant
Le contexte de soutien public et la pression réglementaire jouent un rôle indéniable dans cette augmentation d’immatriculations de voitures électriques neuves. Mais c’est surtout l’augmentation du prix de l’essence due à la guerre en Iran qui explique ce large basculement des particuliers vers l’électrique.
Les motorisations thermiques, dans ce contexte de renchérissement du carburant, perdent leur attractivité économique face à des alternatives électriques. Pour ces dernières, le coût à l’usage devient comparativement bien plus avantageux.
Des aides publiques toujours actives pour les voitures électriques
Cette accélération intervient également dans un cadre de soutien public maintenu. En effet, le bonus écologique peut atteindre 5 700 € pour les ménages les plus modestes. Et ce montant est complété par la prime batterie européenne, comprise entre 1 000 et 1 400 €. Par ailleurs, le lancement du prochain leasing social est prévu pour le 16 juillet 2026. Cela devrait continuer à soutenir la demande des particuliers dans les mois à venir. Il va sans dire que, sans ces dispositifs d’aide, une telle progression n’aurait pas été possible.
La pression réglementaire européenne
Du côté des constructeurs, la pression exercée par la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy) continue de les inciter à maximiser leurs livraisons de véhicules électriques. En effet, ils doivent respecter les objectifs stricts de réduction des émissions de CO2 imposés par la réglementation européenne. Cette contrainte réglementaire agit ainsi comme un puissant levier structurel, indépendant des seules fluctuations de la demande.
Le recul marqué des motorisations thermiques
Si l’électrique progresse aussi nettement, c’est en grande partie au détriment des motorisations thermiques. En effet, ces dernières subissent un repli conséquent sur la période.
Le diesel en voie de disparition
Les véhicules diesel ne représentent plus que 3 % du marché total en juin 2026. Cela représente un recul de 49 % sur un an. Et ce repli est accentué par un cadre fiscal devenu plus restrictif depuis le 1er janvier 2026. On peut notamment citer un malus au poids abaissé ainsi qu’un seuil de déclenchement du malus CO2 revu à la baisse.
Chez les particuliers, la motorisation diesel devient même quasiment anecdotique. Nous l’avons vu, elle représente seulement 1 % de part de marché pour eux.
L'essence et les hybrides sous pression
De leur côté, les motorisations essence enregistrent une baisse de 24 % sur un an. Les solutions hybrides, quant à elles, continuent de constituer une part importante du marché avec 49 % de part de marché. Cette catégorie est donc stable.
Une évolution est toutefois attendue sur le segment des véhicules hybrides rechargeables importés de Chine. S’ils sont actuellement dans en position favorable, ils devraient prochainement faire l’objet de mesures douanières spécifiques de la part de l’Union européenne.
Tableau récapitulatif de l’évolution des parts de marché selon la motorisation
| Motorisation | Part de marché en juin 2026 | Évolution sur un an | Part de marché chez les particuliers |
|---|---|---|---|
|
Électrique
|
30 %
|
+94 %
|
35 %
|
|
Hybrides
|
49 %
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Stable
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N/A
|
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Essence
|
N/A
|
-24 %
|
N/A
|
|
Diesel
|
3 %
|
-49 %
|
1 %
|
Un marché concentré autour de quelques acteurs
En réalité, la croissance globale du marché masque une concentration très forte autour d’un nombre limité de constructeurs. De fait, cela révèle des trajectoires très contrastées d’une marque à l’autre.
Tesla, BYD et MG en tête de la croissance
La croissance du mois de juin est très concentrée. Tesla, BYD et MG représentent à eux seuls plus de 10 000 immatriculations additionnelles à jours comparables. En intégrant Jaecoo, les quatre premiers contributeurs totalisent plus de 12 000 unités de gain. Depuis le début de l’année, Tesla demeure le premier moteur de croissance du marché, avec près de 17 000 immatriculations supplémentaires. BYD, Fiat, MG, Jaecoo, XPeng et Leapmotor prolongent cette dynamique. Ils confirment l’accélération des marques à forte exposition électrifiée.
Renault et Tesla dominent les ventes de voitures électriques
Sur le podium général des ventes en France, Renault conserve la première place avec 17,17 % de parts de marché. La marque au losange est suivie de près par Peugeot (11,98 %), Dacia (8,61 %), Citroën (6,57 %) et Volkswagen (5,99 %). Sur le segment électrique, Renault et Tesla se disputent la tête, tous modèles confondus.
À l’issue du premier semestre, la Peugeot 208 a pris l’avantage avec 11 000 immatriculations d’avance sur la Renault Clio, elle-même devancée par la Dacia Sandero qui occupe la troisième place. Peugeot reste toutefois en difficulté sur les six premiers mois de l’année, avec un recul de 8,2 % des immatriculations. Dacia connaît une baisse encore plus marquée de 10 %. Mais cette dernière a annoncé 4 nouveaux modèles électriques d’ici 2029 ce qui lui permettra peut-être d’inverser la tendance. Rappelons que, si les ventes de Dacia aux particuliers reculent de 6,2 %, elles restent parmi les plus élevées de France, à hauteur de 71 %.
Le marché de l'occasion des voitures électriques confirme sa dynamique
Au-delà du marché du neuf, le segment de l’occasion illustre lui aussi cette transformation structurelle en cours.
Une progression continue malgré un semestre en repli
Le premier semestre se termine globalement à la baisse sur le marché de l’occasion. Pourtant, le mois fut dynamique pour les véhicules électriques d’occasion, dont la croissance atteint 53 % depuis le début de l’année. Il y aurait même une progression de 73 % des transactions électriques sur ce marché. Cette dernière est portée à 70 % par les ventes de professionnels vers les particuliers. Les échanges entre particuliers portant sur les véhicules de plus de dix ans résistent, quant à eux, à la baisse générale du marché de l’occasion.
Ce qu'il faut retenir de ce point de bascule
Le mois de juin 2026 marque incontestablement une étape symbolique pour le marché automobile français. Pour la première fois, l’électrique s’impose comme la motorisation choisie par près d’un acheteur sur trois. Et plus d’un particulier sur trois se tourne vers cette motorisation. Cette transformation résulte d’une combinaison de facteurs conjoncturels. Parmi eux, on peut citer la hausse du prix de l’essence liée au contexte international. Mais il y a aussi les facteurs structurels, comme le maintien des aides publiques et la pression constante de la réglementation européenne sur les constructeurs.
Le lancement du nouveau leasing social en juillet 2026 devrait par ailleurs continuer à alimenter cette dynamique dans les mois à venir. Reste que cette progression profite avant tout à un nombre restreint d’acteurs. D’autres, comme Dacia, peinent à suivre le rythme faute d’une offre électrique suffisamment étoffée. Le marché automobile français entre ainsi dans une phase de recomposition profonde. De fait, il convient, pour les constructeurs, de proposer une offre électrique compétitive. Cela devient un facteur déterminant de performance commerciale.