Pourquoi la recharge longue distance reste le principal frein à l'adoption en entreprise ?
Lorsque l’on parle de mobilité électrique en entreprise, il faut distinguer deux types de trajets. D’abord, il y a le trajet domicile-travail. Celui-ci est maîtrisé et prévisible. Ensuite, il y a le déplacement professionnel. Et, par nature, ce dernier est plus incertain. C’est pourquoi c’est précisément sur ce second usage que les hésitations se cristallisent.
Un réseau fourni mais insuffisant sur les grands axes
Aujourd’hui, les autoroutes et les routes nationales françaises comptent environ 4 500 points de recharge répartis sur plus de 420 aires. À ces points de recharge s’ajoutent près de 7 500 bornes rapides situées à proximité des grands axes.
Pourtant, ces 20 000 km de réseau, qui ne représentent que 2 % des routes françaises, concentrent à eux seuls près d’un tiers du trafic, notamment lors des longs trajets. Or, d’après les données de Avere-France, les points de recharge installés sur autoroute ne représentent que 2 % des 192 000 bornes disponibles sur l’ensemble du territoire.
À cela s’ajoute un autre déséquilibre majeur : près de 44 % des points de recharge offrent une puissance comprise entre 22 et 50 kW. Ces puissances sont peu adaptées aux arrêts rapides. Les bornes réellement performantes, quant à elles, restent minoritaires. Seulement 10 % proposant une puissance comprise entre 150 à 350 kW. Le chiffre tombe à 2 % pour celles qui vont au-delà de 350 kW.
Résultat : la répartition et la puissance des infrastructures de recharge sont encore largement en décalage avec les usages réels des automobilistes. C’est particulièrement le cas sur les axes dédiés aux longs trajets.
Un frein opérationnel et psychologique
Pour un technicien itinérant, un commercial qui enchaîne les rendez-vous ou un chauffeur de véhicule utilitaire, cette répartition crée une contrainte réelle. La recharge lente sur une aire d’autoroute présente rapidement des limites dans un contexte professionnel.
À cela s’ajoute ce que les experts du secteur appellent l’anxiété de la recharge. Elle désigne la crainte de tomber en panne, de trouver une borne occupée ou de devoir attendre trop longtemps pour récupérer une Autonomie suffisante. Tant que cette expérience restera perçue comme incertaine, l’électrique demeurera une option secondaire pour une partie des conducteurs et des gestionnaires de flotte. Pourtant, c’est la meilleure alternative pour se déplacer de nos jours, notamment avec la flambée des prix du carburantDie disparition progressive des stations-service und die fin du diesel. Par ailleurs, des facilités de paiement peuvent être mises en place, comme le Geschäftsleasing.
Ce que prévoit concrètement le plan gouvernemental pour 2035
L’État a annoncé un changement d’échelle significatif. Le plan en question ne se limite pas à additionner des bornes supplémentaires. Il vise à recomposer en profondeur la logique du réseau de recharge sur les grands axes.
Un déploiement massif pour les véhicules particuliers et les utilitaires
Pour les véhicules particuliers, le plan prévoit le déploiement de 22 000 points de charge rapide à 150 kW. Ces derniers seront répartis sur environ 900 aires de repos et de service. Leur seuil de puissance permet une recharge significative en une vingtaine de minutes pour la plupart des Elektrofahrzeuge actuels.
Les véhicules utilitaires et poids lourds font également l’objet d’un volet dédié. Pour eux, ce sont 8 000 points de charge qui sont prévus. Les puissances iront de 100 kW pour les charges nocturnes à plus de 800 kW pour les recharges rapides en journée. Et ce, sur près de 560 aires.
Au total, le nombre de bornes sera multiplié par cinq en une décennie. La puissance électrique dédiée aux véhicules particuliers sera de 2,8 GW et de 1,6 GW pour les poids lourds. En cumulé, cela représente 4,4 GW sur les aires ciblées.
Une expérience utilisateur enfin standardisée
Au-delà des volumes, le plan fixe des exigences qualitatives qui méritent l’attention des gestionnaires de flotte. En effet, l’État impose désormais plusieurs standards :
- paiement par carte bancaire sur toutes les bornes
- affichage clair du prix au kilowattheure
- interopérabilité complète entre les réseaux (autrement dit, une carte unique qui fonctionnerait partout)
Comme le formule Philippe Tabaro, Ministre des Transports, dans son communiqué : « Plus de bornes, plus de rapidité, plus de qualité de service : telle est la promesse que nous faisons aux usagers de la route. »
Les utilitaires et poids lourds : un segment professionnel enfin reconnu
C’est sans doute l’un des aspects les plus structurants du plan pour les entreprises car le segment des véhicules utilitaires légers et des poids lourds occupe une place centrale.
Un déséquilibre préoccupant entre usage et équipement
Les chiffres sont éloquents. Le transport de marchandises représente 90 % du fret en France et 45 % des émissions de CO₂ du secteur des transports. Pourtant, les ventes de véhicules utilitaires et de poids lourds électriques ne captent encore que 2 % des ventes de véhicules neufs dans ces catégories. Un écart qui s’explique en partie par l’absence criante d’infrastructures de recharge adaptées à leurs contraintes spécifiques. En effet, ces véhicules sont plus lourds. De fait, leurs batteries, plus importantes, nécessitent des puissances de charge bien supérieures à celles disponibles pour les voitures particulières.
Un réseau dédié : une première
Le plan gouvernemental prévoit le déploiement du premier réseau de recharge à grande échelle dédié au transport de marchandises. Avec des bornes allant jusqu’à 800 kW sur 560 aires, ce réseau permettrait à un poids lourd électrique de recharger en des temps compatibles avec les obligations réglementaires de temps de pause des chauffeurs. C’est un signal fort pour les directions du transport qui hésitent à franchir le cap de l’électrification sur leurs flottes de livraison longue distance.
Pour les gestionnaires de flottes qui intègrent à la fois des voitures de fonction et des utilitaires, ce volet du plan représente une opportunité réelle d’accélérer la transition sur l’ensemble du parc.
Ce que ce plan implique pour une stratégie de flotte dès aujourd'hui
Il serait tentant de se dire que ce plan gouvernemental justifie d’attendre : “Puisque la recharge va s’améliorer, autant patienter. » C’est pourtant le raisonnement inverse qu’il convient d’adopter.
Les obligations réglementaires, elles, n'attendent pas 2035
Die LOM-Gesetz impose dès maintenant des obligations concrètes aux entreprises. Les sociétés gérant une flotte de plus de 100 véhicules doivent intégrer une part croissante de véhicules à très faibles émissions à chaque renouvellement de parc. La proportion minimale des véhicules à faibles émissions sera de 40 % en 2027 et passera à 70 % en 2030.
Par ailleurs, les parkings privés d’entreprise sont concernés par des obligations de pré-équipement et d’installation de bornes, sous peine de sanctions financières. On comptait 2 000 € par véhicule manquant en 2025, 4 000 € en 2026 et 5 000 € en 2027.
Attendre que le réseau autoroutier soit à la hauteur pour lancer sa transition, c’est prendre le risque de se retrouver en non-conformité réglementaire tout en laissant à la concurrence l’avantage d’un TCO déjà optimisé.
La recharge sur site reste la priorité
Le plan de recharge sur les grands axes ne remplace pas la nécessité d’une infrastructure interne. Pour une flotte d’entreprise, la majorité des recharges se fait sur site, la nuit ou pendant les heures de creux au bureau. C’est là que réside l’essentiel des économies car le coût de l’électricité en recharge sur borne privée est structurellement inférieur à celui d’une borne publique rapide sur autoroute.
L’équation économique pour les gestionnaires de flotte sera donc double. Ils bénéficieront du futur réseau public amélioré pour les déplacements longue distance tout en maîtrisant les coûts quotidiens avec leur Ladeinfrastruktur vor Ort.
Anticiper l'interopérabilité pour simplifier la gestion
L’interopérabilité future imposée par le plan gouvernemental est une bonne nouvelle, mais elle suppose d’anticiper le choix des outils de gestion de flotte. Opter dès maintenant pour des solutions compatibles avec les grands réseaux de recharge publics permettra de piloter les coûts énergie avec la même précision que les coûts carburant d’hier.
Comment Beev accompagne les entreprises dans cette transition
Ce contexte d’accélération de l’électrification est précisément celui dans lequel Beev intervient depuis sa création. Son approche repose sur un principe simple : la transition vers la mobilité électrique ne doit pas être une contrainte mais un levier de performance.
Un accompagnement global, de l'audit à la supervision
Beev accompagne les entreprises à chaque étape de leur transition :
- audit des besoins de la flotte
- sélection des véhicules adaptés aux usages réels grâce à son catalogue multi-marques
- installation des bornes de recharge sur site et au domicile des collaborateurs
- supervision des infrastructures via le Fleet Manager die es ermöglicht gérer simplement sa Fahrzeugflotte
Beev propose un interlocuteur unique, capable de traiter la mobilité électrique dans sa globalité.
Le plan gouvernemental à horizon 2035 est un signal clair. La direction est tracée, les investissements sont engagés. Mais les entreprises qui anticipent dès aujourd’hui bénéficieront d’un double avantage. Elles se conformeront aux obligations de la loi LOM sans subir de pression de dernière minute en plus d’amortir leurs investissements en infrastructure sur une période plus longue. Les premières à déployer des bornes sur site et à électrifier leur flotte sont aussi celles qui capitalisent le plus vite sur la baisse du TCO.
Schlussfolgerung
Le plan de recharge à 30 000 points d’ici 2035 est une étape décisive dans la normalisation de l’expérience électrique sur les grands axes. Pour la première fois, le segment des utilitaires et des poids lourds bénéficie d’un réseau pensé pour ses contraintes spécifiques. Pour les gestionnaires de flotte, c’est une excellente nouvelle même si cela ne doit pas être une raison d’attendre. Les obligations réglementaires sont effectives maintenant ainsi que les leviers économiques. Et les solutions pour déployer une infrastructure de recharge adaptée aux besoins réels de votre flotte existent, elles aussi, maintenant.
Vous souhaitez évaluer la maturité de votre flotte face à la transition électrique ? Les équipes Beev sont disponibles pour réaliser un diagnostic personnalisé et vous accompagner dans la définition d’une feuille de route adaptée à votre activité.
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