Au-delà du « made in China », la réparabilité des véhicules électriques
La réparabilité d’un véhicule électrique ne dépend pas de son pays d’origine, mais de choix techniques et organisationnels précis. Décryptons les véritables facteurs qui rendent un véhicule facile ou difficile à entretenir.
Ce qui rend un véhicule électrique facile ou difficile à réparer
Contrairement aux idées reçues, l’origine géographique d’un véhicule n’est pas un indicateur fiable de sa réparabilité. La facilité des réparations dépend de plusieurs facteurs. On prend en compte l’architecture du véhicule mais aussi la disponibilité des pièces détachées et, surtout, l’organisation du service après-vente.
Par exemple, un véhicule dont la batterie est conçue comme un élément structurel du châssis peut offrir des gains de poids et de rigidité, mais complique les interventions en cas de sinistre. À l’inverse, une architecture modulaire permet de remplacer des composants individuels sans avoir à démonter l’ensemble du système.
Le giga-casting, popularisé par Tesla illustre parfaitement cette problématique. Cette technique de moulage sous pression remplace 70 à 100 pièces par un seul bloc métallique. Cela simplifie grandement la production en plus de réduire les coûts industriels. Mais en cas d’accident, il peut être nécessaire de remplacer l’ensemble du bloc.
Enfin, la disponibilité des pièces détachées reste un enjeu central. Un délai d’approvisionnement plus ou moins important est à prendre en compte. Dans le pire des cas, il peut entraîner une immobilisation prolongée qui pourrait avoir un impact direct sur la productivité de la flotte.
Les idées reçues sur les véhicules chinois
L’industrie automobile chinoise souffre parfois d’une image synonyme de qualité médiocre. Pourtant, cette perception ne correspond pas à la réalité du marché actuel. Une production chinoise n’est pas nécessairement une production bas de gamme. Pourtant, la méfiance est bien réelle.
Les constructeurs chinois investissent massivement dans la recherche et le développement. BYD, par exemple, maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela inclut la production de batteries à l’assemblage final. De fait, BYD a une expertise technique considérable. De nombreux véhicules électriques européens utilisent d’ailleurs des composants chinois. C’est pourquoi on trouve des batteries ininflammables chinoises de la marque CATL dans les voitures électriques européennes sans que cela ne pose de problème de fiabilité.
Par ailleurs, rappelons que l’origine géographique n’est pas un gage de fiabilité. Nous l’avons vu avec Chevrolet ou Opel, deux marques très implantées et sûres. Pourtant, elles se sont retrouvées en difficulté lorsqu’il a fallu réparer des modèles très peu diffusés comme la Ampera pour lesquelles certaines pannes étaient inconnues des techniciens.
Ce cas illustre un principe fondamental : même un véhicule de marque réputée peut être difficile à entretenir si son écosystème après-vente n’est pas mature. En revanche, un véhicule d’origine moins connue peut être parfaitement réparable avec un réseau structuré et de techniciens formés.
Les vrais enjeux pour un gestionnaire de flotte professionnelle
Pour un gestionnaire de flotte, la question ne se limite pas à la réparabilité technique. Elle doit être évaluée sous l’angle de trois piliers opérationnels : le coût total de possession, la disponibilité des véhicules et la couverture géographique du service après-vente.
Le TCO : intégrer les coûts de maintenance sur la durée
Le TCO est l’indicateur décisif pour évaluer la pertinence économique d’un véhicule dans une flotte professionnelle. Il intègre non seulement le prix d’achat, mais aussi les coûts d’usage, d’entretien, d’assurance et de revente. Pour les véhicules électriques, la batterie représente le poste le plus sensible.
En effet, elle représente 30 à 40 % du prix du véhicule. C’est pour cela qu’une réparation ciblée ne sera pas au même prix qu’une réparation plus conséquente voire, qu’un remplacement complet.
Ces chiffres imposent une vigilance particulière lors du choix d’un véhicule. Il pourrait être intéressant de vérifier que la conception de la batterie. Ainsi, cela permettrait de savoir si la réparation s’effectue module par module ou s’il y a besoin d’un remplacement complet en cas de défaillance. Certains constructeurs proposent des batteries modulaires faciles à entretenir, tandis que d’autres privilégient des architectures intégrées qui rendent les interventions plus complexes.
Au-delà de la batterie, le TCO doit intégrer les coûts de maintenance préventive et curative. Un véhicule dont les pièces détachées sont longues à obtenir ou coûteuses peut rapidement devenir non rentable, même si son prix d’achat initial est attractif. Il est donc crucial d’évaluer la politique tarifaire du constructeur sur les pièces de rechange et de vérifier la disponibilité d’un stock local en Europe.
Enfin, les garanties constructeur jouent un rôle déterminant. Certains constructeurs chinois proposent des garanties batterie allant jusqu’à 8 ans ou 160 000 km. Ces chiffres compensent les incertitudes liées à un réseau après-vente encore en développement.
Disponibilité opérationnelle des véhicules
Dans une flotte professionnelle, chaque jour d’immobilisation représente une perte de productivité. La disponibilité opérationnelle des véhicules est donc un critère au moins aussi important que le coût d’achat.
Pour évaluer la disponibilité opérationnelle, plusieurs indicateurs doivent être pris en compte :
- Le taux d’immobilisation moyen en cas de panne, c’est-à-dire, le temps qu’il faudrait en moyenne pour qu’un véhicule soit remis en circulation après une intervention
- Le délai d’approvisionnement des pièces détachées
- La disponibilité de véhicules de remplacement. Certains réseaux proposent des véhicules de courtoisie en cas d’immobilisation prolongée
- La complexité des pannes car les véhicules modernes deviennent de plus en plus complexes. Cela est dû au fait qu’ils doivent respecter de nombreuses normes environnementales et de très fortes exigences en matière de sécurité routière.
- La couverture géographique du réseau après-vente, surtout pour des flottes de véhicules qui circulent sur l’ensemble du territoire. Pour ces dernières, la densité et la répartition géographique du réseau après-vente sont des critères décisifs.
Actuellement, les constructeurs chinois sont en phase de déploiement de leur réseau en Europe. BYD, par exemple, ambitionne d’ouvrir plusieurs dizaines de concessions en France dans les prochaines années. MG Motor, quant à lui, bénéficie de l’héritage du réseau historique de la marque et dispose déjà d’une couverture relativement solide.
Aussi, certains constructeurs chinois développent des partenariats avec des réseaux de garages indépendants pour accélérer leur couverture territoriale.
Marques chinoises : où en est réellement l'écosystème européen ?
Les véhicules électriques chinois ne présentent pas de défaut de conception intrinsèque par rapport à leurs concurrents européens. Pour ces derniers, le principal défi réside dans la maturité de leur écosystème après-vente en Europe. Faisons un état des lieux objectif de la situation.
État des lieux du réseau des principaux acteurs
BYD est l’un des constructeurs chinois les plus ambitieux sur le marché européen. Avec ses avancées sur les batteries électriques, le groupe prévoit aussi un plan de déploiement de concessions en France et en Europe. Si son réseau est encore en cours de structuration, la solidité financière du groupe et son expertise technique constituent des gages de pérennité.
L’autre marque chinoise connue en France, MG Motor bénéficie de l’héritage du réseau historique de la marque britannique MG. Ce réseau existe depuis plusieurs décennies en Europe et dispose d’une couverture géographique relativement dense. MG Motor a su capitaliser sur cet héritage pour structurer rapidement son service après-vente, ce qui en fait l’un des constructeurs chinois les mieux positionnés sur ce plan.
Polestar compte pour le moment 13 agents opérationnels et vise 22 d’ici fin 2026. Son réseau de distribution se compose actuellement de 210 points de vente contre 140 l’an passé. C’est l’un des réseaux les plus mature avec BYD et MG Motor.
Lynk&Co, quant à lui, s’appuie sur le réseau Volvo avec 60 ateliers agréés déjà disponibles et ambitionne les 40 points de vente d’ici fin 2026 en France.
Des marques chinoises bientôt présentes en France
Xiaomi, par exemple, est encore absente du marché français. Cependant, sa berline électrique, la Xiaomi SU7, a déjà fait un gros succès en Chine. Elle compte plus de 135 000 ventes à l’heure où nous écrivons ces lignes. Cependant, elle reste pour le moment indisponible en France et ce, jusqu’en 2027 minimum.
Zeekr aussi n’arrivera en France qu’à la fin du deuxième trimestre 2026. 25 à 30 concessions sont prévues dès 2027 ainsi que 50 points de service après-vente.
Pour les autres marques chinoises moins connues du grand public comme Omoda, Jaecoo, Xpeng et NIO, le réseau est encore limité et concentré principalement dans les grandes agglomérations. Leur stratégie repose sur un déploiement progressif, avec un objectif de couverture nationale à moyen terme.
En comparaison, les constructeurs européens disposent de réseaux établis depuis des décennies, avec plusieurs centaines de points de service en France. Tesla, bien que constructeur récent, a rapidement déployé un réseau qui couvre l’essentiel du territoire.
Au final, le vrai risque n’est pas d’acheter une voiture chinoise mais d’acheter un modèle dont l’écosystème après-vente ne serait pas encore mature en France.
Les progrès en matière de disponibilité des pièces
La disponibilité des pièces détachées est l’un des principaux points de friction identifiés pour les véhicules chinois. Pendant longtemps, l’absence de stocks locaux en Europe obligeait les concessionnaires à importer les pièces depuis la Chine, avec des délais pouvant atteindre plusieurs semaines.
Mais cette situation évolue progressivement. Les principaux constructeurs chinois mettent en place des plateformes logistiques européennes pour raccourcir les délais d’approvisionnement. Certains constructeurs s’engagent également sur des délais maximums d’approvisionnement.
Par ailleurs, la standardisation croissante des composants électriques facilite le recours à des pièces alternatives pour certaines interventions. Les moteurs électriques ou certains éléments de la batterie peuvent parfois être réparés ou remplacés par des pièces compatibles issues d’autres fournisseurs. Cette tendance pourrait, à terme, réduire la dépendance aux pièces d’origine.
Comment Beev accompagne les entreprises dans ces arbitrages
Face à cette complexité, Beev se positionne comme un partenaire d’aide à la décision pour les entreprises qui souhaitent électrifier leur flotte. Notre rôle n’est pas de promouvoir une marque plutôt qu’une autre, mais de vous fournir une analyse objective basée sur vos contraintes opérationnelles réelles comme en témoigne Solal Botbol, co-fondateur et CEO de Beev dans son interview pour SmartCharge.
Chez Beev, on propose une offre de véhicules multimarque parce qu’on est du côté des clients. Ce qui nous intéresse, c’est que le client, c’est-à-dire le dirigeant d’entreprise ou ses collaborateurs, aient un véhicule qui réponde à leurs besoins. Peu importe que ce soit une Kia, une Renault, une Citroën ou une autre marque.
Cette approche fait une vraie différence car nous apportons une expertise métier avec un choix raisonné. On écoute nos clients pour savoir ce qui est important pour eux en fonction de leur budget, du type d’usage du véhicule, etc. Nous recommandons le plus pertinent pour qu’il rentre dans son budget et dans son TCO.Solal Botbol
Une sélection de véhicules basée sur des critères exclusivement professionnels
Beev évalue chaque véhicule selon une méthodologie rigoureuse qui intègre l’ensemble des critères évoqués dans cet article. De fait, la disponibilité opérationnelle estimée, la densité du réseau après-vente, les garanties constructeur et les délais d’approvisionnement des pièces entrent en ligne de compte.
Notre catalogue inclut des véhicules de toutes origines, y compris des modèles chinois, à condition qu’ils répondent à des standards professionnels stricts. Nous sommes transparents sur les forces et les limites de chaque modèle : un véhicule peut être techniquement excellent mais ne pas convenir à votre usage.
Voici quelques exemples de véhicules chinois disponibles chez Beev, avec une synthèse de leurs caractéristiques clés pour les gestionnaires de flotte :
| Modèle | Autonomie WLTP | Charge rapide DC (10% à 80%) | Garantie batterie | Idéal pour | Prix catalogue (à partir de) |
|---|---|---|---|---|---|
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BYD Atto 3
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420 km
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37 mn de recharge pour parcourir 336 km
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8 ans / 200 000 km
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flottes urbaines et périurbaines
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37 990€
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MG4
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350 km
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33 mn de recharge pour parcourir 280 km
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7 ans ou 150 000 km
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flottes mixtes
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29 990€
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Polestar 2 Standard
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554 km
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23 mn de recharge pour parcourir 443 km
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8 ans ou 160 000 km
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usage routier confortable
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46 800 €
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XPENG G6 RWD
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570 km
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21 mn de recharge pour parcourir 456 km
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7 ans ou 160 000 km
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trajets longue distance
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46 990 €
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Aiways U5
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400 km
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35 mn de recharge pour parcourir 320 km
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8 ans ou 150 000 km
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déplacements quotidiens interurbains
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45 990 €
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Leapmotor T03
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265 km
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55 mn de recharge pour parcourir 212 km
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8 ans ou 160 000 km
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mobilités urbaines légères / services de courte distance
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19 500 €
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Maxus eDeliver3
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238 km
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48 mn de recharge pour parcourir 190 km
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8 ans ou 160 000 km
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livraisons dernier kilomètre
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43 320 €
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Ce tableau est fourni à titre indicatif et reflète les informations disponibles au moment de la rédaction. Les réseaux après-vente évoluent rapidement. Beev met à jour régulièrement ses analyses pour vous fournir les données les plus récentes.
Un accompagnement avant, pendant et après l'achat
L’accompagnement Beev ne se limite pas à la sélection des véhicules. Nous intervenons sur l’ensemble du cycle de transition de votre flotte.
Avant l’achat, nous réalisons un audit de vos usages pour identifier les véhicules les mieux adaptés à vos contraintes opérationnelles. Cet audit intègre l’analyse de vos trajets, de vos besoins et de votre budget. Nous vous présentons plusieurs scénarios comparatifs, avec une projection détaillée du TCO sur la durée.
Pendant l’acquisition, nous gérons la négociation avec les concessionnaires, l’optimisation des aides publiques en adéquation avec la loi finances 2026 et la loi LOM si nécessaire ainsi que la coordination de la livraison. Nous veillons également à ce que les garanties contractuelles soient clairement définies et que les engagements après-vente soient formalisés.
L’installation des bornes de recharge car la transition vers l’électrique nécessite une infrastructure de recharge adaptée. Beev vous accompagne dans le dimensionnement, l’installation et la maintenance de vos bornes de recharge. Nous veillons à ce que votre infrastructure soit évolutive et compatible avec les véhicules de différentes marques.
Après l’achat, nous assurons un suivi régulier de votre flotte et restons votre point de contact centralisé en cas de difficulté. Nous effectuons également une veille continue sur l’évolution des réseaux après-vente, afin de vous informer des améliorations ou des difficultés émergentes.
Du lundi au vendredi
9h 12h30 · 14h 19h
La checklist de Beev
Pour faciliter votre prise de décision, nous avons synthétisé les points essentiels à vérifier avant d’intégrer des véhicules électriques chinois dans votre flotte professionnelle.
Les bonnes questions à se poser avant d'intégrer des voitures chinoises dans sa flotte
□ Quelle est la densité du réseau après-vente sur mes zones d’exploitation ?
Cartographiez les points de service disponibles dans un rayon de 50 km de vos principaux sites. Vérifiez qu’ils sont équipés pour intervenir sur des véhicules électriques et qu’ils disposent de techniciens formés.
□ Quel est le délai moyen d’approvisionnement des pièces détachées ?
Demandez au constructeur ou au concessionnaire des statistiques précises sur les délais de livraison des pièces les plus couramment remplacées. Vérifiez l’existence de stocks locaux en Europe.
□ Quelle est la durée et le périmètre de la garantie batterie ?
La garantie couvre-t-elle l’intégralité de la batterie ou seulement certains modules ? Quelle est la durée en années et en kilométrage ?
□ La batterie est-elle modulaire ou intégrée ?
Une batterie modulaire permet de remplacer des modules individuels en cas de défaillance. Cela réduit considérablement les coûts de réparation par rapport à un remplacement complet.
□ Quelle est la politique de véhicules de remplacement en cas d’immobilisation prolongée ?
Pour limiter l’impact sur votre activité, vérifiez que le concessionnaire ou le constructeur propose des véhicules de courtoisie en cas d’immobilisation dépassant un certain délai.
□ Comment calculer un TCO projeté ?
Intégrez l’ensemble des coûts : acquisition, financement, assurance, entretien préventif, réparations prévisibles, consommation énergétique, valeur résiduelle… Un véhicule moins cher à l’achat peut se révéler plus coûteux sur la durée.
Conclusion
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L’origine géographique d’un véhicule électrique n’est donc pas un critère déterminant quant à sa réparabilité ou à sa fiabilité. Les véhicules chinois ne sont ni intrinsèquement meilleurs ni intrinsèquement moins bons que leurs équivalents européens. Ce qui importe, c’est la maturité de l’écosystème après-vente et la disponibilité des pièces détachées.
Pour un gestionnaire de flotte, la décision doit reposer sur une analyse structurée du TCO ainsi que de la disponibilité opérationnelle et de la couverture géographique du réseau. Un véhicule techniquement excellent peut se révéler inadapté si le constructeur ne dispose pas encore d’un réseau mature sur vos zones d’activité. À l’inverse, un véhicule moins performant sur le papier peut être plus pertinent s’il bénéficie d’un écosystème solide.
L’écosystème après-vente des constructeurs chinois en Europe est en cours de structuration rapide. Dans les prochaines années, les écarts entre marques établies et nouveaux entrants devraient se réduire significativement. Mais pour les gestionnaires de flotte qui doivent prendre des décisions aujourd’hui, il est essentiel de s’appuyer sur l’état actuel du réseau, et non sur des promesses futures.
Beev vous accompagne dans cette complexité en fournissant une analyse objective, des données actualisées et un suivi opérationnel tout au long du cycle de vie de votre flotte. Notre rôle est de vous aider à prendre des décisions éclairées, basées sur vos contraintes réelles et vos priorités stratégiques.
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