Les nouvelles règles du malus CO2 en 2026
Un seuil d'entrée abaissé
La mesure la plus marquante de ce durcissement concerne l’abaissement du seuil de déclenchement du malus CO2. Ce dernier passe de 113 g/km à 108 g/km. Si cette réduction peut sembler anodine, ses conséquences sont considérables pour les gestionnaires de flottes.
Concrètement, même les petits véhicules faiblement motorisés entrent désormais dans le champ d’application du malus. Par exemple, une Renault Clio 5, qui émet 120 g/km de CO2, se verra appliquer un malus de 310 €. Pour les entreprises ce surcoût peut rapidement devenir significatif. Si elles veulent échapper au malus, elles devront se tourner vers des versions full hybrides ou franchir le cap de l’électrique.
Pour rappel, les véhicules électriques sont totalement exemptés de cette taxe. Par ailleurs, ce malus ne fera qu’augmenter au fil des années.
Une grille tarifaire nettement renforcée
Le durcissement ne se limite pas à l’abaissement du seuil d’entrée. L’ensemble des montants a été significativement augmenté. Et cette double pénalité frappe tous les véhicules, y compris ceux qui étaient déjà taxés en 2025.
Pour illustrer cette hausse, prenons l’exemple d’un véhicule émettant 140 g/km de CO2. En 2025, le malus s’élevait à 1 504 €. En 2026, il bondit à 2 205 €, soit une augmentation de 701 € pour le même niveau d’émissions. Aussi, le plafond du malus atteint désormais 80 000 € pour les véhicules émettant 192 g/km de CO2. Ce plafond était de 70 000 € en 2025. Cette taxation peut concerner des véhicules utilitaires professionnels ce qui pose question pour les artisans et les entreprises qui ont besoin de véhicules spacieux pour leur activité.
Tableau récapitulatif du ecologic malus en 2026
| CO2 (g/km) | Montant du malus |
|---|---|
|
108
|
50€
|
|
109
|
75€
|
|
110
|
100€
|
|
111
|
125€
|
|
112
|
150€
|
|
113
|
170€
|
|
114
|
190€
|
|
115
|
210€
|
|
116
|
230€
|
|
117
|
240€
|
|
118
|
260€
|
|
119
|
280€
|
|
120
|
310€
|
|
121
|
330€
|
|
122
|
360€
|
|
123
|
400€
|
|
124
|
450€
|
|
125
|
540€
|
|
126
|
650€
|
|
127
|
740€
|
|
128
|
818€
|
|
129
|
898€
|
| CO2 (g/km) | Montant du malus |
|---|---|
|
130
|
938€
|
|
131
|
1 074€
|
|
132
|
1 172€
|
|
133
|
1 276€
|
|
134
|
1 386€
|
|
135
|
1 504€
|
|
136
|
1 629€
|
|
137
|
1 761€
|
|
138
|
1 901€
|
|
139
|
2 049€
|
|
140
|
2 205€
|
|
141
|
2 370€
|
|
142
|
2 544€
|
|
143
|
2 726€
|
|
144
|
2 918€
|
|
145
|
3 119€
|
|
146
|
3 331€
|
|
147
|
3 552€
|
|
148
|
3 784€
|
|
149
|
4 026€
|
|
150
|
4 279€
|
|
151
|
4 543€
|
| CO2 (g/km) | Montant du malus |
|---|---|
|
152
|
4 818€
|
|
153
|
5 105€
|
|
154
|
5 404€
|
|
155
|
5 715€
|
|
156
|
6 637€
|
|
157
|
6 637€
|
|
158
|
7 248€
|
|
159
|
7 959€
|
|
160
|
8 770€
|
|
161
|
9 681€
|
|
162
|
10 692€
|
|
163
|
11 803€
|
|
164
|
13 014€
|
|
165
|
14 325€
|
|
166
|
15 736€
|
|
167
|
17 247€
|
|
168
|
18 858€
|
|
169
|
20 569€
|
|
170
|
22 380€
|
|
171
|
24 291€
|
|
172
|
26 302€
|
|
173
|
28 413€
|
| CO2 (g/km) | Montant du malus |
|---|---|
|
174
|
30 624€
|
|
175
|
32 935€
|
|
176
|
35 346€
|
|
177
|
35 857
|
|
178
|
40 468€
|
|
179
|
43 179€
|
|
180
|
45 990€
|
|
181
|
48 901€
|
|
182
|
51 912€
|
|
183
|
55 023€
|
|
184
|
58 134€
|
|
185
|
61 245€
|
|
186
|
64 356€
|
|
187
|
64 467€
|
|
188
|
70 578€
|
|
189
|
73 689€
|
|
190
|
76 800€
|
|
191
|
79 911€
|
|
192
|
80 000€
|
|
>193
|
80 000€
|
Les véhicules qui échappent au malus
Certaines catégories de véhicules restent exonérées du malus CO2. Elles offrent donc des alternatives intéressantes pour les gestionnaires de flottes.
Nous l’avons vu, les véhicules 100 % électriques demeurent totalement exemptés de ce malus. Combinée aux autres incitations fiscales comme l’amortissement dégressif et la récupération de TVA dans certains cas, cette exonération constitue un bel avantage. Toutefois, il convient de noter que les véhicules électriques restent soumis au malus au poids. Nous détaillerons ce malus plus loin.
Aussi, les véhicules full hybrides échappent au malus car ils ont des émissions généralement inférieures à 108 g/km. Ils peuvent être une solution à envisager avant de basculer vers le tout électrique.
Enfin, les véhicules VASP (Véhicule Automoteur Spécialisé) bénéficient d’une exemption grâce à leur homologation spécifique.
Le malus au poids : une taxation complémentaire qui s'intensifie
L'abaissement du seuil à 1 500 kg
Le seuil de déclenchement est passé de 1 600 kg à 1 500 kg. Cet abaissement élargit considérablement le nombre de véhicules concernés par cette taxation.
La mesure vise à pénaliser les véhicules lourds. En effet, ils sont jugés plus polluants en raison de leur consommation énergétique supérieure mais aussi de l’impact environnemental de leur fabrication. Pour les entreprises, cette évolution est particulièrement problématique car de nombreux véhicules utilisés comme véhicules de fonction franchissent désormais ce seuil.
Un élément crucial à noter concerne les véhicules électriques. Jusque-là totalement exonérés du malus au poids, ils seront partiellement taxés à partir du 1er juillet 2026. Cette taxation ne concernera toutefois que les véhicules électriques sans éco-score validé. Ces véhicules sont produits hors d’Europe ou présentent un mauvais bilan carbone de production. Un abattement de 600 kg sera appliqué à ces véhicules, ce qui devrait en exonérer la majorité.
Les véhicules hybrides, quant à eux, bénéficient d’abattements spécifiques :
- 100 kg pour les hybrides simples
- 200 kg pour les hybrides rechargeables
Ces abattements permettent à certains modèles d’échapper à la taxation mais ne suffiront pas toujours pour les SUV hybrides de grande taille.
Tableau des montants
La grille tarifaire du malus au poids 2026 s’établit de manière progressive selon le poids du véhicule.
| Tranche de poids | Tarif au kilogramme |
|---|---|
|
1 500 - 1 699 kg
|
10 € / kg
|
|
1 700 - 1 799 kg
|
15 € / kg
|
|
1 800 - 1 899 kg
|
20 € / kg
|
|
1 900 - 1 999 kg
|
25 € / kg
|
|
≥ 2 000 kg
|
30 € / kg
|
Il est important de noter que le malus au poids se cumule avec le malus CO2. Actuellement, ce cumul est plafonné à 50 000 €. Néanmoins, cette limitation disparaîtra en 2028, d’où l’intérêt de l’anticiper maintenant.
Vers un durcissement continu en 2027-2028
Le malus sur les véhicules d'occasion
Au-delà des évolutions de 2026, d’autres mesures sont envisagées pour les années suivantes. À noter cependant que leur mise en œuvre reste encore incertaine en raison du contexte politique et budgétaire.
Parmi elles, le malus écologique sur les véhicules d’occasion, débattu depuis 2024. Rétroactive, elle concernerait les voitures d’occasion immatriculées après 2015 émettant plus de 107 g/km de CO2 ou dépassant 1 800 kg. Si cette mesure devait s’appliquer largement, elle transformerait profondément le marché de l’occasion automobile en France. Pour les entreprises, elle pourrait compliquer la gestion de fin de vie des véhicules et dévaloriser les parcs existants.
Un élément positif est néanmoins prévu : un abattement lié à l’âge du véhicule et un abattement kilométrique seraient introduits en 2027. Ces derniers moduleraient le malus en fonction de l’usure. Cette disposition permettrait d’atténuer l’impact de la mesure sur les véhicules les plus anciens ou les plus utilisés.
Nous l’avons vu plus haut, l’autre évolution majeure qui est programmée est la fin du plafonnement du cumul des malus. Actuellement plafonnée à 50 000 €, cette limite disparaîtrait et pourrait théoriquement atteindre 100 000 € pour les véhicules les plus lourds et les plus émetteurs.
Bien qu’encore lointaine et susceptible d’évoluer, cette perspective indique clairement la direction prise par les politiques publiques. Les entreprises qui n’auraient pas anticipé la transition de leur flotte vers des véhicules plus légers et moins émetteurs se retrouveront confrontées à des surcoûts très forts.
L'impact financier pour les flottes d'entreprises
L’impact sur les coûts d'acquisition
L’augmentation du malus se répercute directement sur le prix d’achat des véhicules. Si l’entreprise maintient une flotte de voitures compactes thermiques, le surcoût annuel pourrait être extrêmement conséquent. En s’orientant vers la moitié des achats de modèles hybrides exonérés, ce surcoût pourrait déjà être divisé par deux. Ceci étant, si l’entreprise opère une bascule vers des véhicules électriques, elle évite totalement le malus CO2.
L’impact sur la valeur résiduelle
Le durcissement progressif du malus affecte également la valeur de revente des véhicules thermiques. Cette dépréciation accélérée rallonge le délai de retour sur investissement. Les entreprises qui pratiquent la LLD (Location Longue Durée) verront également leurs loyers augmenter pour compenser ces pertes de valeur résiduelle.
L’impact sur les budgets de renouvellement
Face à ces évolutions, de nombreuses entreprises sont contraintes de revoir leurs cycles de renouvellement. Plutôt que de remplacer systématiquement leurs véhicules tous les 3 ou 4 ans, certaines allongent la durée de détention. Ainsi, elles espèrent diluer le surcoût du malus sur une période plus longue. Mais cette stratégie présente ses limites : un véhicule plus ancien consomme davantage, coûte plus cher en entretien et peut perdre en efficacité commerciale.
Les solutions pour les entreprises face au durcissement du malus
Face à ce durcissement, les entreprises disposent de plusieurs leviers d’action pour optimiser leurs coûts et anticiper les évolutions futures.
Accélérer la transition vers l'électrique
La solution la plus évidente et la plus efficace consiste à électrifier progressivement sa flotte. Les avantages fiscaux de l’électrique restent très attractifs. Le TCO d’un véhicule électrique devient compétitif rapidement grâce aux économies sur le carburant et l’entretien. Avec le malus 2026, cette équation économique s’améliore encore davantage en faveur de l’électrique.
Optimiser la composition de sa flotte
Pour les entreprises qui ne peuvent pas basculer immédiatement vers le tout électrique, les modèles hybrides et full hybrides sont à privilégier. Ils permettent d’éviter le malus CO2 tout en conservant la flexibilité d’usage des motorisations thermiques. Aussi, les solutions de mobilité alternatives méritent d’être explorées : autopartage pour les besoins ponctuels, location courte durée pour les pics d’activité, vélos ou scooters électriques pour les déplacements urbains…
Anticiper avec une recharging infrastructure adapted
L’électrification de la flotte ne peut réussir sans une infrastructure de recharge appropriée. Il faut la dimensionner en fonction des besoins actuels mais aussi des projections futures d’électrification de la flotte. Aussi, la puissance des bornes doit être adaptée aux usages. Pour des véhicules qui restent stationnés plusieurs heures, des bornes de 7 à 11 kW suffisent et permettent d’optimiser les coûts. Pour les flottes nécessitant une recharge rapide (véhicules de livraison avec rotations multiples), des bornes plus puissantes peuvent être nécessaires.
Beev accompagne les entreprises dans cette transition globale. Audit de la flotte existante, recommandations de véhicules adaptés aux usages, dimensionnement et installation de l’infrastructure de recharge, optimisation du TCO… Notre approche garantit une transition réussie et rentable vers l’électrique en transformant la contrainte du malus en économies durables.
Monday to Friday
9am - 12.30pm - 2pm - 7pm
Conclusion
Le durcissement du malus écologique en 2026 constitue un tournant majeur pour la gestion des flottes d’entreprises. Loin d’être une simple contrainte administrative, cette évolution réglementaire redessine l’équation économique de la mobilité professionnelle et accélère inévitablement la transition vers l’électrique. Les entreprises qui sauront anticiper ces changements et repenser leur stratégie de mobilité en tireront un avantage compétitif significatif, tant sur le plan financier qu’en termes d’image et de responsabilité environnementale.