Le diesel en chute libre : les chiffres qui changent la donne
Les statistiques de ventes 2025 dessinent un paysage automobile radicalement transformé. Si l’effondrement du diesel touche l’ensemble du marché, ses implications pour les flottes professionnelles sont particulièrement critiques. Décryptage d’une mutation qui s’accélère.
La situation en Europe et en France
Les données de 2025 sont sans appel et marquent une rupture historique. En Europe, le diesel ne représente plus que 7,7 % des immatriculations. C’est seulement 1 026 354 unités qui ont été livrées cette année-là. Cette chute de 24 % révèle une accélération spectaculaire du déclin du diesel.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut rappeler qu’en 2011, le diesel atteignait son pic européen. Il représentait alors 56 % de parts de marché. La France avait même culminé à 77,3 % en 2008. Cette motorisation qui dominait le paysage automobile il y a moins de vingt ans est devenue marginale en quelques années seulement. La Belgique affiche une chute de 41,9 %, l’Espagne de 35 %, et la Grèce bat tous les records avec une dégringolade de 49,7 %. Ces effondrements traduisent une défiance massive des consommateurs et des entreprises face à une technologie perçue comme obsolète.
La France n’échappe pas à cette tendance, bien au contraire. Avec une part de marché tombée à 4,9 % en 2025, contre 7,3 % l’année précédente, le pays qui fut longtemps le bastion du diesel connaît une véritable débâcle. Les immatriculations diesel françaises s’élèvent à seulement 67 735 unités en 2025, soit une baisse vertigineuse de 36,5 % en un an. Cela représente moins d’un véhicule sur vingt qui est équipé d’un moteur diesel.
Ce que ces chiffres signifient pour les flottes
Pour les gestionnaires de flottes professionnelles, cette évolution du marché a forcément des répercussions directes sur leurs opérations.
La première conséquence visible est la réduction drastique de l’offre constructeurs. Volvo, par exemple, a totalement cessé de proposer des véhicules diesel. Sa Volvo XC90, dernière voiture alimentée au diesel, est sortie de l’usine le 26 mars 2024. Aussi, des marques comme Mini ou Peugeot n’ont plus que quelques modèles diesel au catalogue. Chez Renault, même la Clio, longtemps fer de lance du diesel, tourne définitivement la page avec sa sixième génération.
Cette raréfaction de l’offre s’accompagne mécaniquement d’une hausse des prix. Le surcoût à l’achat d’un diesel par rapport à une essence, déjà conséquent, s’est considérablement creusé. De plus, les délais de livraison s’allongent. Les chaînes de production privilégient désormais les motorisations électrifiées, laissant les commandes diesel en fin de file. Pour une entreprise qui doit renouveler rapidement sa flotte, cette contrainte opérationnelle peut devenir critique.
Enfin, la maintenance et le service après-vente des véhicules diesel deviennent progressivement plus complexes. Avec la diminution des volumes, les pièces détachées se raréfient et les mécaniciens spécialisés se font plus rares. Les temps d’immobilisation risquent de s’allonger, ce qui impacte directement la productivité de l’entreprise.
Les risques cachés de maintenir une flotte diesel en 2026
Au-delà des simples chiffres de vente, la persistance d’une stratégie diesel expose les entreprises à des risques multiples et interdépendants. Ces menaces peuvent compromettre la rentabilité et la pérennité opérationnelle de votre flotte.
Un risque de dépréciation accélérée
Le premier risque auquel s’exposent les entreprises qui maintiennent une stratégie diesel concerne la valeur résiduelle de leurs véhicules. Le marché de l’occasion diesel est désormais saturé. Avec l’arrêt massif des achats de véhicules neufs diesel, le parc d’occasion grossit mécaniquement sans trouver preneurs suffisants. Cette situation de déséquilibre offre-demande entraîne une décote massive lors des reventes.
Pour une entreprise qui renouvelle sa flotte tous les trois ou quatre ans, cette dépréciation accélérée impacte directement le Total Cost of Ownership (TCO). Là où un véhicule diesel conservait traditionnellement une bonne valeur de revente grâce à sa réputation de robustesse, les projections actuelles anticipent des pertes supérieures aux standards habituels.
Cette situation crée un cercle vicieux : plus les entreprises tardent à se séparer de leurs diesels, plus la valeur résiduelle s’effrite. Un véhicule diesel acheté en 2026 et revendu en 2029 risque de subir une obsolescence bien plus rapide qu’anticipé, faussant tous les calculs de TCO qui ont justifié son acquisition.
Un risque réglementaire croissant
L’arsenal réglementaire se durcit progressivement ce qui rend l’exploitation d’une flotte diesel de plus en plus contraignante. Les Low Emission Zones (LEZ) se sont étendues sur le territoire français. Aussi, les calendriers d’exclusion des véhicules diesel s’accélèrent. Les vignettes Crit’Air 4 et 5 sont déjà bannies dans plusieurs ZFE, et les Crit’Air 3, qui incluent une grande partie des diesels récents, suivront probablement. Pour les entreprises qui opèrent dans les centres-villes, ces restrictions peuvent paralyser l’activité.
Au-delà des ZFE, les normes européennes continuent d’évoluer. Les futures réglementations CAFE (Corporate Average Fuel Economy) sur les émissions de CO2 rendent le maintien du diesel économiquement compliqué pour les constructeurs. De fait, cela peut accélérer la disparition de cette motorisation. Cette évolution réglementaire crée un risque d’immobilisation partielle ou totale de la flotte. Investir dans des véhicules diesel en 2026, c’est prendre le risque de se retrouver avec des véhicules inutilisables dans quelques années.
Un risque pour l'image de l'entreprise
Dans un contexte où les enjeux environnementaux s’imposent au cœur des stratégies d’entreprise, maintenir une flotte diesel peut envoyer un signal négatif. Les talents, notamment les jeunes générations, sont de plus en plus sensibles aux engagements RSE de leur employeur. Une entreprise qui continue d’investir massivement dans le diesel peut être perçue comme en décalage avec les attentes sociétales.
Et cette perception s’étend aux clients et partenaires commerciaux. De nombreuses entreprises intègrent désormais des critères environnementaux dans la sélection de leurs fournisseurs et prestataires. Disposer d’une flotte électrifiée devient un avantage concurrentiel non négligeable en 2026.
Les investisseurs et financeurs scrutent également de plus en plus les stratégies de transition écologique. Dans le cadre des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance), la composition de la vehicle fleet constitue un indicateur tangible de l’engagement de l’entreprise.
Enfin, pour les entreprises qui ont pris des engagements de réduction de leur carbon footprint, une flotte diesel constitue un frein majeur. Le scope 3 des émissions (qui inclut les déplacements professionnels) représente souvent une part significative du bilan carbone global.
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Un risque de coûts cachés
Au-delà du prix d’achat, maintenir une flotte diesel génère des coûts cachés qui peuvent s’accumuler. La maintenance des ces véhicules diesel devient progressivement plus onéreuse. Avec la raréfaction des pièces détachées et la spécialisation croissante requise, les coûts d’entretien grimpent.
La fiscalité évolue également au détriment du diesel. Le hardening of the ecologic malus pèse de plus en plus lourd et de nouvelles taxes ciblant spécifiquement les motorisations polluantes apparaissent régulièrement. Nous détaillons ces taxes et leurs montants dans notre article dédié à la loi finance 2026 et son impact sur les flottes.
De plus, la volatilité du prix du carburant constitue un autre facteur de risque. Si le prix du gazole a historiquement été plus stable que celui de l’essence, les tensions géopolitiques progressives créent une incertitude croissante sur son évolution. L’électricité, malgré ses propres fluctuations, offre une meilleure visibilité. Elle permet même une production locale avec, par exemple, l’installation de panneaux solaires.
L'électrique comme seule alternative viable pour les flottes
Si le diesel s’effondre, ce n’est pas par hasard : une alternative crédible a émergé et s’est imposée. Les véhicules électriques ne sont plus une promesse futuriste, mais une réalité industrielle mature qui répond concrètement aux besoins des flottes professionnelles.
Des chiffres de progression qui rassurent
Face à l’effondrement du diesel, les motorisations électrifiées connaissent une croissance spectaculaire qui démontre leur maturité et leur adoption massive. En 2025, les ventes de véhicules 100 % électriques ont progressé de 29,7 % en Europe, pour atteindre 2 585 187 unités. Les hybrides rechargeables, quant à elles, affichent une croissance encore plus impressionnante de 33,4 % soit 1 272 901 véhicules immatriculés. Cette croissance témoigne d’une vraie volonté de se tourner vers des technologies plus vertes.
La fin de l’année 2025 a d’ailleurs marqué un tournant historique : pour la première fois, les ventes de voitures électriques ont dépassé celles de l’essence en novembre et en décembre. En décembre 2025, elles ont capté 26,3 % du marché européen contre 21,7 % pour les motorisations essence. Cette dynamique est encore plus marquée en France, où les modèles électriques ont représenté 24,4 % des ventes en décembre 2025, tandis que l’essence plafonnait à 17,4 %.
Si l’on se concentre uniquement sur les voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables, la part de marché atteint 29,1 % en Europe en 2025. Cela représente près d’un véhicule neuf sur trois qui est désormais électrifié. Une preuve de plus que cette technologie est passée du stade de niche à celui de standard du marché.
Pour les gestionnaires de flottes, ces chiffres sont rassurants à plusieurs titres. Ils démontrent que l’offre constructeurs s’est considérablement étoffée et que les infrastructures de recharge se développent rapidement.
Des avantages économiques concrets
Le prix reste le levier d’adoption des véhicules électriques. Contrairement aux idées reçues, les véhicules électriques présentent, à terme, un TCO bien plus favorable que les motorisations thermiques malgré un prix d’achat parfois supérieur.
En effet, le premier poste d’économie concerne le coût au kilomètre. L’électricité reste significativement moins chère que le gazole, même en tenant compte des récentes hausses tarifaires. Pour une flotte parcourant plusieurs kilomètres par an, l’économie réalisée sur le carburant compense rapidement un éventuel surcoût à l’achat.
Aussi, la maintenance constitue le second levier d’économie majeur. Un véhicule électrique possède environ vingt fois moins de pièces en mouvement qu’un diesel. De fait, les coûts de maintenance sont réduits de 30 à 40 % par rapport à un diesel. Pour une entreprise gérant une flotte importante, cette simplification se traduit par une réduction des temps d’immobilisation pour une meilleure disponibilité des véhicules.
De plus, les avantages fiscaux viennent encore améliorer l’équation. Dans notre guide complet sur la fiscalité des flottes automobiles en 2026, nous détaillons l’ensemble des taxes et des aides disponibles concernant les véhicules électriques.
Les bénéfices stratégiques
Au-delà des considérations purement financières, l’fleet electrification apporte des bénéfices stratégiques qui renforcent la compétitivité de l’entreprise.
La conformité réglementaire anticipée constitue le premier avantage. En électrifiant sa flotte dès maintenant, l’entreprise s’affranchit des futures restrictions. Elle se met dès aujourd’hui en conformité avec les réglementations environnementales à venir. Cette anticipation évite les situations d’urgence où il faut renouveler massivement une flotte dans des délais contraints et avec des conditions commerciales moins favorables.
De plus, l’image de marque se trouve renforcée. Une flotte électrique visible devient un outil de communication tangible sur l’engagement environnemental de l’entreprise. Ce signal est particulièrement puissant auprès des clients B2C, de plus en plus sensibles aux démarches écologiques de leurs fournisseurs.
L’attractivité employeur s’améliore également. Proposer des véhicules de fonction électriques modernes et performants devient un argument auprès des jeunes talents qui valorisent les entreprises alignées avec leurs valeurs.
Enfin, l’électrification permet de collecter des données précises sur l’utilisation de la flotte grâce aux systèmes connectés intégrés comme le fleet manager of Beev. Ces données facilitent l’optimisation des tournées, l’identification des économies potentielles et la prise de décisions éclairées sur la gestion de flotte.
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Comment réussir sa transition en 2026
Comprendre l’urgence de la transition est une chose, la réussir en est une autre. L’électrification d’une flotte professionnelle ne s’improvise pas : elle exige une méthodologie rigoureuse avec une planification précise. Son approche doit être adaptée aux spécificités de votre activité. Voici les étapes clés pour transformer ce défi en opportunité.
Définition de vos usages réels
La première étape d’une transition réussie consiste à réaliser un audit précis de vos usages réels. Contrairement aux motorisations thermiques, les véhicules électriques requièrent un matching précis entre les besoins et les capacités. Combien de kilomètres sont réellement parcourus chaque jour ? Quelle est la distance du trajet le plus long ? Est-ce que les trajets sont prévisibles ou variables ? Ces informations permettent de dimensionner précisément l’autonomy nécessaire et d’éviter le surdimensionnement coûteux.
Dimensionnement de l'recharging infrastructure
L’infrastructure de recharge constitue le nerf de la guerre d’une transition électrique réussie. Mal dimensionnée, elle peut paralyser votre activité. Correctement planifiée, elle devient un avantage compétitif. On distingue deux types d’installations :
- l'installation de bornes de recharge sur site qui est généralement la solution la plus économique et la plus pratique. Elle permet une recharge nocturne lente (AC de 7 à 22 kW) qui suffit pour récupérer l’autonomie consommée dans la journée.
- l'installation de bornes de recharge au domicile des collaborateurs, idéal quand l’entreprise équipe ces derniers de véhicules de fonction.
Pour les flottes dont les véhicules ne reviennent pas systématiquement au dépôt, une stratégie de recharge itinérante doit être mise en place. Cela implique de référencer les bornes publiques sur les zones fréquentées par vos équipes mais aussi de souscrire à des badges d’accès multi-réseaux comme le propose la carte de recharge de Beev.
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Sélection des véhicules adaptés
La dernière étape consiste à sélectionner les véhicules qui correspondent précisément à vos usages identifiés lors de l’audit. Le marché s’étant considérablement étoffé, il offre désormais des solutions pour tous. Ainsi, citadines, berlines, SUV et tous types de véhicules utilitaires électriques sont disponibles pour les entreprises selon leurs besoins.
L’optimisation du mix de flotte peut conduire à conserver temporairement quelques véhicules thermiques ou hybrides au départ. Cette approche pragmatique permet de maximiser l’électrification sans paralyser l’activité.
Aussi, la négociation avec les constructeurs mérite une attention particulière. Les volumes, même modestes, peuvent permettrent d’obtenir des conditions préférentielles. Les experts de Beev s’occupent de faire jouer la concurrence entre marques pour négocier les meilleurs tarifs. Par ailleurs, nous proposons un service de Long-term leasing for professionals afin de leur offrir plus de flexibilité.
Mais la transition vers l’électrique ne se limite pas à changer de véhicules. Elle nécessite de former vos conducteurs aux spécificités de la conduite électrique et de mettre en place un suivi permanent pour optimiser continuellement l’usage de la flotte. Obtenez dès aujourd’hui un devis gratuit de votre flotte et prenez de l’avance sur vos concurrents.
Conclusion
Les chiffres sont sans appel : avec 7,7 % de parts de marché en Europe et 4,2 % en France, le diesel vit probablement ses dernières années. Cette accélération brutale transforme ce qui était hier encore une question de timing en urgence stratégique. Maintenir une flotte diesel en 2026, c’est s’exposer à des risques de dépréciation, de contraintes réglementaires et de coûts cachés qui pèseront lourdement sur la compétitivité de votre entreprise.
Loin d’être une contrainte, cette transition vers l’électrique représente une opportunité de moderniser votre flotte, d’optimiser votre TCO, de renforcer votre image et d’anticiper les réglementations futures. La réussite de cette transition repose sur une approche méthodique. C’est une transformation qui ne s’improvise pas. C’est pourquoi se faire accompagner par des experts permet d’éviter les écueils et d’optimiser chaque étape du processus.