Qu’est-ce que la norme Euro 7 et pourquoi elle change la donne ?
Avant de parler stratégie de flotte, il faut clarifier ce qu’Euro 7 recouvre réellement. Contrairement à Euro 6, la logique ne se limite plus à réduire un polluant au pot d’échappement : Euro 7 étend le champ aux conditions d’usage réelles, à la durée de conformité et à des sources de pollution longtemps ignorées… y compris pour les véhicules électriques.
Origines et objectifs d’Euro 7 : au-delà des émissions traditionnelles
Euro 7 est née d’un constat simple : même avec les progrès des motorisations et des filtres, une partie de la pollution liée au transport routier persistait en conditions réelles (trajets courts, démarrages à froid, conduite urbaine, charges variables, etc.). L’Union européenne a donc cherché à renforcer l’approche : moins de « performance sur cycle d’homologation » et davantage d’exigences réglementaires en usage réel, sur une durée plus longue.
Mais Euro 7 introduit surtout un tournant stratégique : elle traite enfin des émissions non issues de l’échappement (freins, pneus), qui deviennent proportionnellement plus importantes à mesure que les véhicules thermiques disparaissent et que l’électrification progresse.
D’Euro 6 à Euro 7 : ce qui évolue réellement
Côté entreprise, le changement le plus important n’est pas un “seuil plus sévère” dans l’absolu. C’est une combinaison de facteurs :
- une norme qui vise un cadre normatif plus robuste dans le temps (durabilité)
- l’intégration de nouvelles familles d’émissions (freins/pneus)
- et un cadre qui rend le thermique plus complexe et donc plus coûteux, alors que l’électrique devient un choix de conformité “plus simple” (sans émissions d’échappement), même s’il reste concerné par freins/pneus.
| Sujet | Euro 6 (VUL) | Euro 7 (VUL) | Impact pour une flotte |
|---|---|---|---|
| Émissions d’échappement | Encadre NOx/PM/PN selon motorisations | Encadrement renforcé, approche plus “réelle” et plus durable | Thermique plus contraint, risque de surcoûts et de disponibilité |
| Émissions hors échappement (freins) | Non encadrées à ce niveau | Limites d’émissions de particules de freins (y compris VE) | Les VE ne “sortent” pas d’Euro 7 : freins/pneus deviennent un sujet |
| Émissions hors échappement (pneus) | Non encadrées à ce niveau | Méthodes et limites d’abrasion des pneus (cadre dédié) | Point de vigilance pour VUL urbains à fort kilométrage |
| Durabilité des exigences | Durabilité encadrée, moins exigeante | Durabilité renforcée, conformité plus longue dans le temps | Meilleure protection dans la durée, mais hausse des coûts thermiques |
| Electric vehicles | Peu concerné côté échappement | Concernés sur freins/pneus et durabilité battery | Renforce la crédibilité du VE en exploitation longue |
| Conséquence business | Optimisation thermique encore possible | Complexification et hausse des coûts thermiques ; le VE gagne en avantage relatif | Accélère les arbitrages en faveur du VUL électrique |
(Le détail exact des limites varie selon les catégories et les textes d’application ; la logique ci-dessus est celle du règlement Euro 7 adopté en 2024 et à ses exigences clés.)
Calendrier et dates clés d’entrée en vigueur en Europe
C’est le point qui conditionne tous les plans de renouvellement. Les dates communément retenues pour l’application d’Euro 7 sont :
- 29 novembre 2026 : nouvelles homologations (type approval) pour voitures et utilitaires légers (catégories M1 / N1).
- 29 novembre 2027 : immatriculation/vente de véhicules neufs (mise sur le marché) pour voitures et utilitaires légers.
- 29 mai 2028 : nouvelles homologations poids lourds (camion/bus).
- 29 mai 2029 : mise sur le marché de poids lourds.
Pour une flotte VUL, ça signifie une chose : 2026-2027 est la fenêtre où le thermique devient plus “cher à porter” pour les constructeurs… et donc potentiellement plus cher à acheter (ou plus rare) côté entreprises.
Une norme plus ambitieuse : limites et exigences techniques
Euro 7 est souvent résumé à une “norme anti-thermique”. Ce n’est pas exact : c’est une norme anti-pollution, qui s’applique à tous, et qui renforce la logique de “clean vehicle” sur toute la durée de vie. Pour les flottes, ces exigences techniques se traduisent par des critères d’achat, de risque et de TCO.
Nouvelles limites d’émissions : NOx, particules et gaz nocifs
Sur les VUL thermiques, Euro 7 renforce l’encadrement des émissions réglementées et la logique de conformité sur une plage d’usage plus large. Concrètement, cela pousse à des systèmes de dépollution plus robustes (et souvent plus coûteux), notamment en usage urbain (arrêts fréquents, faibles vitesses, cycles courts) où les émissions sont historiquement plus difficiles à maîtriser.
Pour un gestionnaire de flotte, l’enjeu n’est pas d’entrer dans l’ingénierie moteur : c’est d’anticiper l’effet “marché” de cette complexité. Plus c’est difficile à produire, plus le thermique a des chances de devenir moins compétitif sur des segments VUL très disputés.
Émissions hors échappement : freins, pneus et microplastiques
C’est l’une des bascules majeures d’Euro 7 : les freins et pneus deviennent enfin un sujet réglementaire.
- Freins : Euro 7 introduit des limites d’émissions de particules de frein. Un repère souvent cité est de 7 mg/km et un niveau plus strict selon les catégories/conditions.
- Pneus : le texte encadre la mesure et la régulation de l’abrasion des pneus (micro-particules), avec un calendrier d’entrée en application lié aux textes techniques associés.
Exigences de durabilité et de performances pour batteries EV
Euro 7 renforce l’idée que la conformité doit durer longtemps. Pour les véhicules, cela se traduit par des exigences de durabilité plus strictes (avec des repères allant jusqu’à 10 ans/200 000 km selon les éléments).
Côté batteries, Euro 7 s’inscrit dans une dynamique internationale, notamment autour de la réglementation UN GTR nᵒ 22 sur la durabilité des batteries embarquées. Cette approche formalise des seuils de conservation d’énergie (SOCE), avec des repères cités comme ≥ 80 % à 5 ans ou 100 000 km et ≥ 70 % à 8 ans ou 160 000 km (selon catégories et interprétation des exigences).
Pour une flotte, c’est un changement important : la durabilité de la batterie n’est plus seulement un “discours marketing” ou une garantie constructeur ; elle devient un sujet standardisé, donc plus comparable, plus assurable et plus favorable à la valeur résiduelle.
Impacts directs d’Euro 7 pour les flottes d’entreprise
Une norme n’a de valeur, côté entreprise, que si elle change des arbitrages. Euro 7 va peser sur trois dimensions : conformité, coût et risque (disponibilité/accès/VR). C’est particulièrement vrai pour les flottes de VUL qui opèrent en urbain dense.
Conformité réglementaire : ce que les flottes doivent anticiper
Euro 7 ne te demande pas, en tant qu’entreprise, de “mettre à jour” ta flotte existante du jour au lendemain. En revanche, elle impacte fortement les véhicules neufs disponibles et leurs caractéristiques, donc tes cycles de commande, de renouvellement et de budget.
L’anticipation porte sur :
- la disponibilité des VUL thermiques Euro 7 (et leur prix),
- la cohérence avec les contraintes locales (ZFE, accès centre-ville),
- la capacité à sécuriser des volumes en électrique sans rupture opérationnelle (recharge, planning, affectation véhicules).
Comparaison thermique vs électrique : quels choix pour rester conformes ?
Sur le papier, le thermique peut rester conforme. Dans la réalité, Euro 7 renchérit le “coût de conformité” du thermique : dépollution, contrôles, exigences de durabilité, complexité industrielle. En parallèle, le VUL électrique garde un avantage structurel : pas d’émissions à l’échappement, conformité plus “simple” sur cette dimension, et un cadre batterie/durabilité qui sécurise l’exploitation longue.
Autrement dit : Euro 7 ne “force” pas l’électrique, mais elle rend l’électrique plus rationnel sur de nombreux cas d’usage pro, surtout urbains/périurbains.
Coût d’acquisition et coûts d’exploitation : un arbitrage stratégique
Pour les flottes, l’arbitrage ne se fait jamais uniquement sur le prix catalogue. Euro 7 va probablement amplifier deux tendances :
- 1) Thermal : coût d’achat et complexité en hausse, donc risque de TCO moins stable (maintenance liée à des systèmes plus sophistiqués).
- 2) Electric : capex souvent plus élevé, mais coûts d’usage plus prévisibles (énergie, maintenance) et bénéfice de la conformité multi-leviers (ZFE + Euro 7 + trajectoire RSE).
L’important, c’est de raisonner à mission égale : un VUL électrique bien dimensionné sur des tournées compatibles peut devenir la solution “coût + conformité” la plus robuste.
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Stratégies de transition pour les flottes de véhicules utilitaires
Euro 7 devient vraiment utile quand on le transforme en plan d’action. Pour une flotte VUL, la stratégie gagnante n’est pas “tout basculer” : c’est de segmenter par usages, sécuriser la conformité et convertir l’électrique en avantage opérationnel.
Anticiper la sortie progressive des VUL thermiques face à Euro 7
Parler de “sortie” ne veut pas dire interdiction immédiate. Cela veut dire : le marché du VUL thermique va devenir moins favorable sur le neuf, parce qu’Euro 7 augmente le coût et la complexité. Dans beaucoup d’entreprises, cela se traduit par une réduction progressive de la part thermique dans les renouvellements, surtout sur les usages urbains où l’électrique est déjà pertinent.
L’anticipation consiste à éviter l’effet “mur” : attendre 2027 pour découvrir que certains modèles thermiques sont plus chers, moins disponibles ou moins adaptés aux contraintes locales.
Repenser les cycles de renouvellement autour du VUL électrique
L’électrique impose une autre logique : la batterie devient un actif à piloter, la recharge une ressource à organiser, et la performance se juge sur la mission (tournée, charge utile, horaires). L’entreprise a tout intérêt à caler ses cycles de renouvellement sur :
- les segments d’usage les plus compatibles (urbain,
- retours dépôt, tournées prévisibles),
- la capacité de recharge (site, itinérance, fenêtres opérationnelles),
- et la valorisation à long terme (durabilité, batterie, seconde vie, valeur résiduelle).
Euro 7, en renforçant la durabilité et la transparence, rend ce raisonnement plus solide.
Faire de l’électrique un levier de conformité et de maîtrise des coûts
Le vrai “coup” stratégique d’Euro 7, c’est qu’elle transforme le VUL électrique en outil de conformité naturelle : pas d’échappement, accès urbain facilité, trajectoire RSE plus simple à documenter, et TCO souvent plus prévisible si l’exploitation est bien pilotée.
C’est là que beaucoup d’entreprises basculent : non pas parce qu’elles veulent « être green », mais parce qu’elles veulent réduire l’incertitude réglementaire et budgétaire tout en sécurisant la continuité d’activité.
Fleet manager, spécialisé dans l’électrification des flottes, permet notamment de :
analyser le TCO réel par mission et comparer thermique vs électrique.
- identifier les véhicules convertibles à court terme sans risque opérationnel
- suivre la conformité réglementaire (ZFE, Euro 7, CO₂)
- optimiser la recharge, l’exploitation et la valeur résiduelle des VUL électriques
Pour accompagner concrètement cette transition, Beev a développé l’outil Fleet Manager, conçu pour transformer Euro 7 en avantage opérationnel et financier pour les flottes d’entreprise.
Demandez une démonstration de Fleet Manager et identifiez les véhicules de votre flotte déjà compatibles avec Euro 7 et l’électrique.
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